Notre-Dame: Macron réaffirme le délai de cinq ans pour reconstruire

Notre-Dame: Macron réaffirme le délai de cinq ans pour reconstruire
Le président Emmanuel Macron s'exprime le 24 mai 2019 à l'Elysée à l'occasion de la remise du Prix Pritzker 2019 au Japonais Arata Isozaki

AFP, publié le vendredi 24 mai 2019 à 19h12

Le délai de cinq ans pour reconstruire Notre-Dame est "possible" sans "jamais transiger" sur la qualité du chantier, a réaffirmé vendredi le président Emmanuel Macron, à l'occasion d'un discours en l'honneur du Prix Pritzker 2019, le Japonais Arata Isozaki.

"Ce délai de cinq années est possible sans jamais transiger sur la qualité des matériaux et la qualité des procédés", a-t-il estimé en s'exprimant à l'Elysée devant une centaine d'architectes du monde entier.

"Beaucoup se sont inquiétés de voir réaliser ces travaux dans un calendrier serré", a-t-il concédé, en faisant allusion à la polémique lancée par sa volonté d'aller vite.

"J'assume totalement" ce "calendrier serré, volontariste", et le fait qu'il "n'a reposé sur aucune analyse détaillée et forme d'expertise", a-t-il admis.

Il a assuré que le chantier "redonnerait une flèche" à la cathédrale et que, sous les ordres du général Jean-Louis Georgelin, il "serait élargi aux abords de la cathédrale", à savoir le parvis et le square attenant.

"Nous devons faire une reconstruction inventive" en s'inspirant de "ce qu'avait fait Viollet-Le-Duc en son temps", qui avait rejeté "toute querelle des anciens et des modernes" pour privilégier "une alliance de la tradition et de la modernité, une audace respectueuse".

Après l'incendie du 15 avril, un concours d'architectes internationaux a été annoncé pour décider du projet qui remplacera la flèche de Viollet-le-Duc. 

Le ministre de la Culture Franck Riester, dix anciens lauréats du prix Pritzker, dont Jean Nouvel, Shigeru Ban, Rem Koolhaas et Christian de Portzamparc, étaient venus à l'Elysée avant une grande fête de remise de prix au château de Versailles.  

"Il n'y a pas d'art qui soit plus politique que le vôtre", a ajouté le chef de l'Etat, en soulignant que leur défi n'"était pas simplement esthétique mais éminemment politique". Il a dénoncé "les balafres que sont les strutures commerciales" à l'orée des villes.

M. Macron a salué M. Isozaki qui a commencé sa carrière dans le Japon en ruines, et qui est le 8e Japonais primé depuis la création du prix en 1979. "Votre pays est le plus primé avec les Etats-Unis", a-t-il relevé. 

Cet architecte de 87 ans au travail influencé à la fois par l'Occident et l'Orient, a été désigné en mars lauréat du prestigieux prix, considéré comme l'équivalent du prix Nobel pour l'architecture.

Il a réalisé des bâtiments aux fonctions très différentes, de l'immense arène couverte Palau Sant Jordi pour les Jeux olympiques de Barcelone en 1992 au Museum of Contemporary Art (MOCA) de Los Angeles (1986), en passant par le National Convention Center au Qatar (2011).

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