Notre-Dame : l'échafaudage de la flèche reste "un danger" car il "peut s'écrouler", selon l'architecte en chef du chantier

Notre-Dame : l'échafaudage de la flèche reste "un danger" car il "peut s'écrouler", selon l'architecte en chef du chantier
L'échafaudage sur le toit de Notre-Dame de Paris, le 17 juillet 2019.

, publié le vendredi 13 septembre 2019 à 14h15

L'échafaudage avait été construit pour la restauration de la flèche avant l'incendie de la cathédrale. Son démontage est complexe et ne devrait s'achever qu'en janvier 2020.

Les travaux de consolidation se poursuivent pour Notre-Dame-de-Paris.

Après l'incendie du 15 avril, "le monument reste en danger sur deux plans : celui des voûtes qui peuvent toujours tomber et celui de l'échafaudage (de la flèche), qui peut s'écrouler", a expliqué l'architecte en chef du chantier Philippe Villeneuve au Parisien, vendredi 13 août.


L'échafaudage avait été construit pour la restauration de la flèche qui s'est effondrée dans l'incendie. Son démontage est complexe et pourrait ne s'achever qu'en janvier 2020, a précisé l'architecte. "Ce n'est pas rien... Il y a là près de 200 à 300 tonnes de ferraille", relève-t-il. "Je voulais que (cette infrastructure) soit totalement indépendante de la flèche. Résultat, pendant l'incendie, l'échafaudage n'est pas tombé. Mais les tubes se sont soudés les uns aux autres, et se sont déformés. Seul le côté sur lequel la flèche est tombée s'est déformé. Tout cela rend la structure fragile. C'est même miraculeux que cela tienne encore", a souligné Philippe Villeneuve.

L'échafaudage ne sera pas démonté avant janvier 2020

Une fois la pose d'un plancher terminée, l'architecte fera "ceinturer sur trois niveaux l'échafaudage fragilisé". "Puis nous monterons un nouvel échafaudage qui culminera à 50 m et sur lequel reposera un ensemble de poutres. C'est par là que des cordistes pourront descendre et découper l'ensemble des tubes, un à un, de haut en bas. Cette opération pourrait s'achever en janvier 2020. C'est notre objectif", décrit-il. L'architecte juge "difficile d'envisager une date de fin de la période de consolidation": "Nous ne pourrons pas être réellement rassurés avant la mi-2020".

Une fois l'échafaudage démonté, "nous poserons un premier parapluie de protection, puis un grand parapluie plus haut que la toiture existante auparavant afin de reconstruire les structures de la future charpente, quelle que soit la technique choisie, bois, béton ou autre. Mais nous n'en sommes pas à ce point de détail".


La sécurité assurée sur le chantier

L'architecte regrette que les trois semaines d'arrêt du chantier en raison d'une alerte liée au plomb ait "ralenti le rythme de travail". La difficulté est "de concilier le travail à réaliser du fait de la fragilité du monument et les règles de protection optimum des équipes", remarque-t-il.

Philippe Villeneuve défend fermement les entreprises sur leurs mesures prises contre le plomb. "La sécurité est assurée par l'ensemble des patrons, responsables de leurs hommes. Aujourd'hui, des prises de sang sont effectuées chaque mois sur les ouvriers pour la plombémie et elles ne sont jamais au-dessus de la moyenne. Il en est de même des tests de l'air respiré. Les résultats sont toujours très en dessous des seuils dangereux", affirme-t-il.
 

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