Notre-Dame-des-Landes, une victoire pour Hulot, même s'il s'en défend

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 Le Premier ministre Edouard Philippe annonce l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au côté du ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot, le 17 janvier 2018 à l'Elysée

Le Premier ministre Edouard Philippe annonce l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au côté du ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot, le 17 janvier 2018 à l'Elysée

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© AFP, CHARLES PLATIAU, POOL
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AFP, publié le mercredi 17 janvier 2018 à 22h35

Ministre de l'Ecologie écouté mais parfois aussi bousculé, Nicolas Hulot a remporté de fait une victoire politique majeure mercredi avec l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, bien qu'il s'en défende.

Figure de proue de la lutte environnementale, il était opposé de longue date à ce "projet du XXe siècle", "ruineux, inhumain et inutile". Et beaucoup avaient fait du sort du dossier, paralysé depuis 50 ans, un marqueur de son influence réelle au sein du gouvernement, à même de le pousser à claquer la porte.

Dans sa première réaction après l'annonce de l'abandon du projet, il a pourtant pris soin de rejeter le terme de "victoire": "Ce n'est pas le mot. Je pense que ce n'est la victoire de personne aujourd'hui", a-t-il dit au journal Le Parisien/Aujourd'hui en France.

Il a assuré avoir appris l'abandon du projet "mercredi matin au conseil des ministres". "C'est le Premier ministre et le président de la République qui ont pris cette décision courageuse", a-t-il affirmé.

Reste que cette décision est "évidemment une victoire pour" lui, estime Pascal Canfin, directeur du WWF.

"Sa présence a été un élément clé pour amener le gouvernement sur cette position," juge-t-il. "Sa présence augmente le niveau d'exigence et d'ambition sur les sujets environnement, car il a le poids politique suffisant, même si ça ne veut pas dire qu'il gagne tout le temps".

Au fil des années, Nicolas Hulot s'est rendu sur place plusieurs fois -- accueilli d'ailleurs en 2011 par un fameux jet d'épluchures de carottes venu d'un opposant énervé, en pleine campagne de primaires écologistes pour la présidentielle.

- 'Pas de deal' -

Notre-Dame-des-Landes, promesse de nouveaux sols bétonnés, est "un cas d'école de ce à quoi il va falloir renoncer", estimait-il dans un livre publié avant d'être ministre. Il questionnait aussi "la légitimité" du référendum de 2016 en faveur du nouvel aéroport, qui n'avait pas abordé  les autres options.

A-t-il pour autant posé le dossier sur la table avant d'accepter d'entrer au gouvernement en mai 2017 ? Début 2016, il avait décliné l'offre de ministère faite par François Hollande faute d'assurances sur un abandon du projet.

Mercredi soir, il a une nouvelle fois nié l'existence d'un quelconque deal: "J'ai exprimé mon opinion et ce n'est un mystère pour personne que j'étais contre ce projet".

"J'ai participé au processus de décision comme d'autres ministres, mais je ne voulais en aucun cas faire pression car j'estime que cela aurait été malsain", a-t-il martelé.

Nicolas Hulot "n'a pas fait de chantage sur ce sujet, ni à son entrée au gouvernement, ni ces derniers jours", dit le député LREM Matthieu Orphelin, un proche.

Le candidat Macron s'était, dès février 2017, prononcé pour une médiation, se montrant plus ouvert qu'auparavant à une modernisation de l'actuel aéroport nantais.

Les pro-NDDL n'ont pas manqué d'accuser Nicolas Hulot d'ingérence pendant les six mois de médiation, du fait notamment de la présence d'un proche parmi les médiateurs. Il s'en est vigoureusement défendu.

- Utile -

Depuis la publication mi-décembre du rapport jugeant "raisonnablement envisageables" les deux options (NNDL ou extension de Nantes-Atlantique), Nicolas Hulot est revenu dans le jeu, discrètement, aux côtés d'autres ministres, recevant les élus avec Edouard Philippe chargé de conduire le dossier.

La députée PS et ex-ministre de l'Ecologie Delphine Batho a dit "+merci Nicolas+", estimant qu'il "a certainement oeuvré à la décision".

Cette victoire consolera peut-être Nicolas Hulot de précédentes déconvenues au gouvernement. En octobre il avait fallu un dîner avec Emmanuel Macron pour rassurer cet "inquiet" - comme le qualifie le président.

Au chapitre de ses déceptions, le premier bilan des Etats généraux de l'alimentation, dont il bouda la clôture. Ou la mise en oeuvre de l'accord de libre-échange UE-Canada (Ceta).

Mais parmi ses victoires, la décision de la France, contre Bruxelles, de limiter à trois ans la réautorisation du glyphosate, ou d'interdire la recherche d'hydrocarbures.

Et des sujets de plus grande ampleur que NDDL l'attendent encore: feuille de route énergétique et nucléaire, réforme fiscale... ainsi que l'avenir de projets d'infrastructures, en "pause" pour raisons financières.

Face à cet agenda, il se donnait en octobre "un an" pour mesurer son utilité.

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232 commentaires - Notre-Dame-des-Landes, une victoire pour Hulot, même s'il s'en défend
  • Je trouve honteux et un dénie de démocratie, c'est plus facile de s'attaquer aux pauvres retraités que de déloger des hors la loi. Bravo Mr Macron le contribuable payeras l'adition

  • C'est fort pour hulot de ne pas faire construire d'aéroport sachant que ce type n'a jamais autant pris l'avion que lorsqu’il tournait ses émissions pseudo écolo. Personne n'arrivera à sa cheville en terme de pollution. Quand à la carrière d'amiante en Corse il n'a rien fait contre les poussière qui tuent les gens. Sans compter la forêt qu'il a dévasté pour faire passer ses lignes électriques, pour sa maison.

  • IL A EU NAPOLEON(macron) hi hi hi

  • lui qui a émis autant de carbone avec toutes ces émissions et ces voitures , hypocrite en plus en disant que cela n'est pas une victoire, idem pour tous ceux pour hier et contre aujourd'hui

  • La ZAD est une zone de non droit que N. Hulot a soutenu et encouragé. Sur ce point il n'est pas le seul coupable. Comment les pouvoirs publics ont ils pu accepter que des routes soient barrés, que de pseudo écolos entassent des tonnes de déchets, que des terres abandonnées, la mort d'en l'âme, par des agriculteurs respectueux du droit et des décisions de justice prises sous couvert d'intérêt général, que ces terres, donc, soient occupés par des marginaux, des squatters que l'on n'ose plus déloger sous prétexte qu'on est en hiver et plus tard sous prétexte d'accord avec des associations bidons ? Car ces squatters resteront en place. Car en France la loi n'est intransigeante qu'envers les citoyens qui la respectent ou la craignent, envers ceux qui sont pacifiques, ceux qui sont solvables grâce souvent à leurs efforts.
    Dans cette affaire on a cédé devant la force, on bafoue toute la chaîne de décision publique, on bafoue le référendum et la voix du peuple, le Président et le premier ministre renient leur parole, ce n'est pas glorieux !

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