NDDL: les opposants annoncent la libération de la route "des chicanes"

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 Des blocs de béton entravent la route D281 qui traverse la Zad de Notre-Dame-des-Landes, le 18 janvier 2018 près de Nantes

Des blocs de béton entravent la route D281 qui traverse la Zad de Notre-Dame-des-Landes, le 18 janvier 2018 près de Nantes

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© AFP, LOIC VENANCE

AFP, publié le samedi 20 janvier 2018 à 14h26

Trois jours après l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, les opposants ont répondu favorablement à une exigence du gouvernement en annonçant la libération à partir de lundi d'une route d'accès à la Zad, entravée de chicanes depuis cinq ans.

L'Acipa, association d'opposants institutionnels, a invité ses adhérents "à venir lundi 22 janvier, dès 10h au "Lama Faché" autour d'un café, pour reboucher les trous et enlever les chicanes", écrivent ces opposants dans un document intitulé "invitation à chantier collectif sur la D281".

La libération des routes traversant la zone de Notre-Dame-des-Landes a fait débat au sein du mouvement anti-aéroport. Ce dénouement à l'amiable va marquer un début de retour à la normalisation de la ZAD et à l'État de droit.  

"Prendre cette décision, c'est sûr, n'a pas été facile et ce n'est pas seulement de gaité de cœur que nous voulons transformer cette route" mais "c'est parce que nous pensons un futur commun et avons confiance dans notre force collective que nous vous appelons à faire ce chantier entre +nous+, sans la presse", écrit l'Acipa.

Pour l'association, "cette route était et restera un symbole de notre résistance commune, et c'est tous ensemble que nous mettons en œuvre son usage partagé, puisqu'il n'y aura pas d'aéroport". Elle a salué comme "une "formidable victoire" et "un signe fort pour toutes les autres luttes" l'abandon du projet d'aéroport.

L'association met toutefois en garde contre d'éventuelles expulsions des occupants de la ZAD. "Nous portons ceci collectivement, et collectivement nous pourrions revenir sur cette décision si des menaces d'expulsion venaient à se concrétiser, en refermant cette route et les autres traversant la ZAD", écrit-elle.

-Circuler "tranquillement"-

Pour que les automobilistes puissent de nouveau circuler "tranquillement" sur la route, "il y aura immédiatement des ralentisseurs provisoires, puis par la suite des ralentisseurs pérennes, et des voies de passage seront créées pour nos amis tritons, salamandres et autres habitants du bocage", annonce l'Acipa en appelant à un rassemblement "avec pique-nique, pelles, gants, fourches, grands sacs de ferme et volonté".

La route des chicanes a été fermée en 2013 par les autorités. Elle a été ensuite obstruée par divers obstacles (pneus, épaves de véhicules, barricades en tous genres) et "gardée" quasiment en permanence depuis des cabanes et miradors. Sa libération fait débat depuis de longs mois au sein du mouvement anti-aéroport.

Le Premier ministre Édouard Philippe a sommé mercredi les opposants de rendre les routes bloquées "à la libre circulation de tous", faute de quoi les forces de l'ordre "procéderont aux opérations nécessaires". Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a demandé jeudi matin que ce soit fait "d'ici la fin de la semaine prochaine".

Ils devront "dégager la route" et "s'ils ne le font pas d'eux-mêmes, les gendarmes iront la dégager", a déclaré la préfète de la région Pays de la Loire, Nicole Klein, fixant l'échéance au "milieu de semaine prochaine".

La médiation, privilégiée par les autorités semble avoir prévalu, et les forces de l'ordre discrètement déployées depuis jeudi matin, n'auraient finalement pas à intervenir.

La route "des chicanes" libérée, les discussions s'annoncent plus longues sur le devenir des terres de la zone, notamment sur les "5/600 hectares" selon le maire (sur 1.650), où les zadistes ont lancé des projets agricoles. 

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, a proposé jeudi sur Sud Radio d'assigner ces terres à la production de produits bio ou de qualité, pour alimenter la restauration collective régionale.

Les occupants de la ZAD se disent "prêts à négocier" avec l'État sur le futur projet de territoire agricole mais ont répondu à l'ultimatum d'Édouard Philippe, qui a donné jusqu'au 30 mars, fin de la trêve hivernale, pour évacuer les lieux, par un "refus de toute expulsion".

"Nous discuterons avec tout le monde, par principe, à une condition cependant : tous ceux qui ne seront pas détenteurs d'un titre de propriété pour leur terrain à la fin de la trêve hivernale devront être partis", a répondu samedi le porte-parole du gouvernement à Ouest France. "S'ils ne sont pas partis au 31 mars, ils seront expulsés", a-t-il insisté.

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104 commentaires - NDDL: les opposants annoncent la libération de la route "des chicanes"
  • II faudrait demander aux corses qui eux n'arrivent pas à être entendus de venir nous aider à nettoyer ce ridicule périmètre!!!!

  • trop gentils !!!, est ce qu'ils vont rembourser ceux qu'ils ont détroussés et rendre ce qu'ils ont volé et réparer les squats qu'ils ont endommagés?. Ne leur demandons pas de réparer la route creusée volontairement..

  • vous avez vu qui commande en France

  • Abandonner l'aéroport NDL est la décision la plus intelligente qui pouvait être prise.
    En contre partie agrandir l'aérodrome du Mans ou construire un nouvel aérodrome au sud du Mans et surtout pas au nord serait la solution la plus intelligente pour l'avenir. Il ne faut pas en construire un à Angers. Ce serait trop près de Nantes et trop loin de Paris . Le Mans serait à mi-chemin. de Paris et de Nantes. Le TGV le Mans Paris = 55 mn . Il faudrait en même temps électrifié la ligne de chemin de fer Le Mans Tours. Ainsi les voyageurs pourraient prendre le TGV Rennes Le Mans puis Le Mans Tours à vitesse normale et continuer jusqu'à Bordeaux dans le TGV. Ce nouvel aérodrome doit être au sud du Mans plus proche des 24 heures course mondialement connue.
    Je souhaite que les décideurs lisent ce message afin qu'ils réfléchissent.

    Votre débat est intéressant et en plus il permettrait de s'interroger sur le périmètre du fameux "Grand Ouest" dont on nous a rabattu les oreilles pour essayer de justifier le projet NDDL. Définir ce périmètre et en désigner le centre de gravité économique.

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    jtjt  (privé) -

    le sud de la Bretagne a disparu

    VITE ! dites où seraient les terrains pour un agrandissement pour qu'on puisse vous envoyer nos zadistes et nos écolos qui vont rechercher les espèces menacées ! chacun son tour ! pourquoi agrandir à LE MANS et pas à NANTES ni à ANGERS ? vos intérêts locaux peut-être ? et si on faisait un référendum, national bien sûr, pour que 80% des français dont moi votent non !

  • ça va les occuper quelques temps, enfin ils vont avoir une occupation , depuis le temps qu'ils sont là à ne rien faire

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