Notre-Dame: 6 mois après l'incendie, la consolidation est loin d'être achevée

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La cathédrale Notre-Dame de Paris le 17 juillet 2019
La cathédrale Notre-Dame de Paris le 17 juillet 2019
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© AFP, STEPHANE DE SAKUTIN, POOL

AFP, publié le mardi 15 octobre 2019 à 19h19

La consolidation de Notre-Dame de Paris progresse lentement six mois après l'incendie mais "l'ambition" des cinq ans pour sa reconstruction est maintenue, 922 millions d'euros ayant été déjà promis pour le chantier du siècle.

"Cent quatre millions d'euros ont déjà été versés par les donateurs qui sont au total 350.000", a précisé le ministre de la Culture Franck Riester, faisant le point des six mois. 

Mais "il est bien trop tôt pour dire si le montant des dons suffira, l'Etat assumera ses responsabilités, on ne va pas laisser Notre-Dame en plan", a-t-il souligné.

Le budget estimé pour l'ensemble de la phase de consolidation est de 85 millions d'euros. 

Trois fondations - Fondation Notre-Dame, Fondation du patrimoine, Fondation de France - et le Centre des monuments nationaux (CMN) ont recueilli les fonds de la souscription nationale. "Les facilités pour les déductions fiscales" alimentent l'élan de solidarité, a expliqué M. Riester. 

Notre-Dame "n'est pas totalement sauvée" tant que la voûte n'est pas consolidée et que l'échafaudage n'est pas démonté, a cependant rappelé le ministre. 

L'architecte en chef de Notre-Dame, Philippe Villeneuve, a estimé mardi que le délai de cinq ans, retenu par le président Macron, était tenable "si on refait à l'identique" car on gagnerait alors "un temps certain".

"Soit je restaure à l'identique, ça sera moi, soit on fait une flèche contemporaine et ça sera un autre", a prévenu l'architecte en chef, au chevet de la cathédrale depuis 2013.

La reconstruction de la flèche de Viollet-le-Duc est un des points sensibles du chantier. M. Villeneuve s'était prononcé dès juin pour une restauration à l'identique.

Il se démarque ainsi de l'idée de M.  Macron d'inscrire un "geste contemporain" sur la cathédrale emblématique et rejoint le souhait d'une majorité de Français d'une continuité architecturale.

- "Une ambition" de cinq ans -

Interrogé sur l'éventualité d'un concours d'architectes qui inquiète les défenseurs du patrimoine, M. Riester a relativisé: "Est-ce que ce sera un concours d'architectes, un concours d'idées, tout cela n'est pas finalisé, tout cela doit être affiné".

Le ministre a assuré que, même si le dernier mot reviendra à l'Etat propriétaire, celui-ci écoutera "l'avis tout particulier et fondamental" du diocèse et aussi de la Ville de Paris. 

Il a souligné que M. Macron "avait fixé une ambition au service d'une restauration à bon rythme" et a  défendu le comportement des autorités, notamment sur les risques de pollution. "Je n'ai pas le sentiment qu'on ait tu et caché quoi que ce soit. Ce chantier a commencé par un sprint", a-t-il plaidé.

Le préfet d'Ile-de-France, Michel Cadot, avait dressé lundi un bilan rassurant, affirmant que le chantier était désormais "étanche" et les analyses réalisées n'ont pas montré de surcontamination des jeunes enfants.

Le démontage de l'échafaudage qui menace la cathédrale devait débuter en novembre, et prendre jusqu'à mars ou avril. L'établissement public sous les ordres du général Jean-Louis Georgelin, qui employera 40 personnes, devrait voir le jour fin novembre.

Une fois le bâtiment dépollué et la voûte consolidée, M.Villeneuve envisage de "rouvrir le culte et la cathédrale rapidement", quitte à ce qu'il reste encore des travaux. Il a écarté toutefois l'idée d'une messe pour les fêtes de Noël.

Le recteur de la cathédrale, Mgr Patrick Chauvet, a souhaité une tente provisoire pour les fidèles et lancé un appel à accélérer la consolidation: "Il ne faut pas aller trop vite, pour ne pas faire de faux pas, mais il ne faut pas trop tarder si on veut que la cathédrale soit toujours debout".

Il a par ailleurs précisé que 38 des 67 salariés de Notre-Dame - dont certains travaillaient à temps partiel - seront licenciés.

Plusieurs oeuvres restent encore dans la cathédrale: Le triomphe de Job de Guido Reni et Saint Pierre guérissant les malades de son ombre par Laurent La Hyre, ainsi que la châsse reliquaire de Sainte Geneviève, et l'Assomption de Jouvenet.

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