Normandie : une commune de l'Eure théâtre de violences depuis une semaine, le maire enfariné

Normandie : une commune de l'Eure théâtre de violences depuis une semaine, le maire enfariné©Google Street View (photo d'illustration)

publié le dimanche 12 septembre 2021 à 11h44

Dans l'Eure, Val-de-Reuil fait face à des tensions importantes depuis plusieurs jours. Samedi 11 septembre, la mairie a été envahie et le premier édile a été enfariné, rapporte France Bleu.

Ce dernier dénonce les violences et l'instrumentalisation des faits.

C'est une situation particulièrement tendue et préoccupante qui se déroule depuis quelques jours dans la commune de Val-de-Reuil (Eure). Cette dernière, ville nouvelle créée dans les années 1960, compte quelque 13.000 habitants et se situe à une trentaine de kilomètres de Rouen. Des tensions règnent ces derniers temps, mais le paroxysme a été atteint, samedi 11 septembre, relate France Bleu. Alors qu'un rassemblement était organisé par la ligue de défense noire africaine devant la mairie, agglomérant entre 100 et 200 personnes, une trentaine d'individus a pénétré dans les lieux. Le maire PS de la ville, Jean-Antoine Jamet, a dénoncé des scènes de chaos sur Twitter, alors qu'il a été bousculé et enfariné, précise le média local.



Une manifestation du PKK non autorisée

Une succession d'événements ont progressivement mis le feu aux poudres. Dimanche 5 septembre, deux enfants d'une dizaine d'années se bagarrent. Les parents interviennent, mais d'autres personnes s'en mêlent, notamment d'origines africaines et kurdes. Les tensions et les provocations se sont poursuivies le lendemain, en dépit de l'intervention de la police et des CRS dans le quartier, pour pacifier les lieux. Mardi 7 septembre, une manifestation non autorisée du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) s'est tenue. "Je suis intervenu pour condamner les agités du PKK et les agitateurs de l'extrême droite, leurs récupérations, la violence et le racisme, la menace sur nos projets que font peser ceux qui nous divisent, a expliqué Jean-Antoine Jamet sur Twitter. Ce sont des insultes. Ce sont des injures. Ce sont des menaces. Il s'agissait purement et simplement de provocations racistes."

Le risque d'une récupération politique

C'est ainsi que de fil en aiguille, les événements du samedi 11 septembre ont eu lieu dans la mairie. "30 individus racistes et violents menés par un ex-rappeur condamné pour viol envahissent la mairie, rejoints par 70 autres, arrachent la porte de la salle du conseil et bousculent une élue courageuse portant l'écharpe tricolore", a écrit le maire sur le réseau social. Certains sont restés dans le hall, mais d'autres sont montés au premier étage, perturbant le fonctionnement de l'édifice, la tenue des mariages, cassant le mobilier... France Bleu rapporte que certains individus sont venus de Paris, mais aussi d'autres endroits.

Marine Le Pen a rebondi sur l'affaire, mais le maire a véhément réfuté tous les arguments communautaires énoncés, évoquant des personnes de toutes origines et de tous horizons. Enfin, Jean-Antoine Jamet a déploré que la situation  se soit envenimée à cause de l'intervention de toutes les parties : PKK, ligue de défense noire africaine et personnalités politiques. 

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