NDDL: nouvelle opération d'expulsion dans la ZAD

Chargement en cours
Un bulldozer sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes pour dégager les barricades le 17 mai 2018
Un bulldozer sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes pour dégager les barricades le 17 mai 2018
1/3
© AFP, Fred Tanneau

AFP, publié le jeudi 17 mai 2018 à 21h56

Une deuxième opération d'expulsion dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) visant une dizaine de "squats" a été lancée jeudi par les forces de l'ordre et doit se prolonger plusieurs jours, tandis qu'un zadiste a été condamné à un an de prison ferme et écroué.

"Cinq +squats+ ont été détruits et les déblaiements vont se poursuivre dans les jours à venir", a indiqué à l'AFP la gendarmerie. "Il n'y a pas eu d'interpellation ni de blessé car les troubles ont été d'intensité très modérée", a-t-elle précisé, ajoutant que l'opération "reprendrait demain (vendredi, NDLR) à 06H00 dans la bonne humeur". 

Jugé en comparution immédiate à Nantes, un zadiste a été condamné à un an de prison ferme pour "violences à l'encontre d'une personne dépositaire de l'autorité publique" et à 5 ans d'interdiction en Loire-Atlantique, a indiqué à l'AFP le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès, précisant qu'il avait été placé sous mandat de dépôt.

Tôt jeudi matin la ZAD aux accès bouclés par les gendarmes s'est réveillée au son des tirs de grenades lacrymogènes, tandis que les zadistes avaient mis le feu à plusieurs barricades et défendaient leurs lieux de vie à coups de cocktails Molotov.

- bulldozer et huissier -

Cinq squats étaient ciblés dont "La Châteigne", "PuiPlu", "la Vosgerie" et "la Lande de Rohanne", tous à l'ouest de la D81. Environ 80 personnes faisaient face aux forces de l'ordre selon les gendarmes qui estiment à environ 200 le nombre d'opposants radicaux présents sur la ZAD, sur un total de 400 personnes.

"On a en face de nous une centaine de personnes, les jusqu'au-boutistes, les gens qui sont juste là pour le +fight+", a considéré le général Richard Lizurey, directeur général de la Gendarmerie nationale.

"Il y a des centaines de personnes à s'opposer aux machines de destruction et à la police. Tous les lieux de vie sont importants et des gens sont là pour les défendre", a défendu Camille (prénom générique des zadistes).

A "PuiPlu", a constaté l'AFP, un huissier de justice établissait peu avant 07H00 un inventaire du lieu de vie, vidé de ses occupants, répertoriant livres, gazinière ou poêle Godin, tandis qu'à "La Châteigne" sept personnes ont été expulsées, selon les gendarmes.

Peu après 08h00 les cinq squats visés étaient sécurisés et les huissiers avaient terminé leurs constatations et procédures d'expulsion. Un calme relatif est revenu ensuite, marqué par quelques accrochages jusqu'en début de soirée.

"L'idée c'est de faire descendre le niveau de violence pour que le dispositif soit le plus calme possible", a estimé le général Lizurey.

Un bulldozer a dégagé les barricades et rebouché les tranchées du Chemin de Suez, ouvrant le passage aux engins de chantier afin de procéder à la destruction des squats.

Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, assure que les habitats visés sont ceux d'occupants qui "refusent toute discussion et rejettent l'idée d'occuper ces terres de façon légale". Ceux dont le dossier a été accepté et ceux dont le dossier est en cours d'instruction" ne sont pas concernés par cette évacuation, a confirmé le général Richard Lizurey.

- "pas de surprise" -

Le patron de la gendarmerie a communiqué aux zadistes la liste des squats qui allaient être évacués, "de manière à ce qu'il n'y ait pas de surprise". Il a précisé que 19 escadrons de gendarmerie, dont deux en réserve, étaient présents, soit 1.500 à 1.700 militaires. Une dizaine de squats seront évacués durant l'opération qui "va durer quelques jours". "Dès que tout est déconstruit on quitte la zone. Si c'est reconstruit on reviendra le lendemain, le surlendemain", a ajouté le patron de la gendarmerie.

Une manifestation de 350 personnes, selon la police, s'est déroulée sans incident en fin de journée à Nantes, a constaté un journaliste de l'AFP. 

Dans une tribune publiée dans Le Monde, des réalisateurs, comédiens et professionnels du cinéma ont invité à défendre la ZAD comme "un lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires".

Le collectif des naturalistes en lutte a par ailleurs dénoncé dans un communiqué des destructions "en pleine période de nidification" et un travail agricole "gâché pour longtemps". 

Cette évacuation survient trois jours après l'annonce par le gouvernement d'une régularisation rapide d'une quinzaine de projets agricoles déposés par des occupants de la ZAD.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.