Naufrage dans la Manche: la justice à la recherche d'informations pour identifier les corps

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Un bateau de la SNSM transportant les corps de migrants décédés lors du naufrage de leur embarcation dans la Manche arrive au port de Calais le 24 novembre 2021
Un bateau de la SNSM transportant les corps de migrants décédés lors du naufrage de leur embarcation dans la Manche arrive au port de Calais le 24 novembre 2021
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© AFP, FRANCOIS LO PRESTI

publié le mercredi 01 décembre 2021 à 15h45

Le parquet de Paris a appelé mercredi à transmettre aux enquêteurs "toute information susceptible d'aider à l'identification" des 27 migrants, dont deux adolescents et un enfant, décédés lors du naufrage dans la Manche de leur embarcation il y a une semaine.

Toute information utile à l'identification des victimes peut être transmise à l'adresse am-ugivc@gendarmerie.interieur.gouv.fr, indique dans un communiqué la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau.

Le 24 novembre, 17 hommes, sept femmes, deux adolescents et un enfant ont péri dans le naufrage de leur embarcation dans la mer séparant la France du Royaume-Uni. 

Parmi eux, "il y avait manifestement une femme enceinte, a précisé mercredi la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, en visite à  Calais.  

Les dépouilles se trouvent à l'Institut médico-légal de Lille, où plusieurs familles afghanes, ont été reçues à partir de 13h30, venues identifier des proches dont elles pensent qu'ils ont péri dans le naufrage. 

"Il y a deux, trois familles. Ce sont surtout des cousins. Une famille est venue d'Angleterre pour reconnaître les corps et ensuite préparer les funérailles", a expliqué à l'AFP Samad Akrach, qui les accompagne au nom de l'association Tahara, spécialisée dans les rites funéraires islamiques.

"Aujourd'hui ils viennent dire si effectivement ce sont des membres de leur famille, parce que depuis plusieurs jours ils n'ont pas de nouvelles", a-t-il ajouté, assurant que ces familles étaient venues identifier "cinq personnes d'origine afghane".

Seuls un Somalien et un Irakien ont survécu. 

Selon la procureure de la République de Paris, l'Unité gendarmerie d'identification des victimes de catastrophes (UGIVC) de l'Institut de recherches criminelles de la gendarmerie nationale (IRCGN) "s'assure du recueil des renseignements ante mortem, obtenus auprès des proches des victimes et des associations en lien avec les naufragés, et post mortem résultant de l'examen des corps et de la mise en exergue d'éléments identifiants (notamment empreintes digitales, relevés dentaires, prélèvements ADN)".

Les résultats sont ensuite étudiés lors d'une commission d'identification, sous son autorité, "afin de certifier formellement l'identité des victimes et de délivrer les permis d'inhumer".

La Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco) à Paris s'est saisie de l'enquête ouverte notamment pour homicides involontaires, aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d'un étranger en France en bande organisée, traite des êtres humains en bande organisée et participation à une association de malfaiteurs.

L'enquête a pour objectif de déterminer les circonstances du naufrage, d'identifier les victimes et de démanteler les réseaux de passeurs. 

Les investigations ont été confiées à la section de recherches de la gendarmerie maritime, à l'Office central pour la répression de l'immigration irrégulière et de l'emploi d'étrangers sans titre (Ocriest) et la brigade mobile de recherches de Coquelles (Pas-de-Calais) de la direction centrale de la police aux frontières.

Ce drame, le plus meurtrier survenu en Manche, a relancé les tensions entre Londres et Paris sur la lutte contre les traversées du "Channel", qui se sont développées depuis 2018.

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