Nantes: évacuation en cours d'un campement de migrants en plein centre-ville

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Des policiers procèdent à l'évacuation d'un camp de migrants, le 23 juillet 2018 à Nantes
Des policiers procèdent à l'évacuation d'un camp de migrants, le 23 juillet 2018 à Nantes
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© AFP, Sébastien SALOM GOMIS

AFP, publié le lundi 23 juillet 2018 à 11h28

Un campement de plusieurs centaines de migrants, installé depuis plus d'un mois dans un square du centre-ville de Nantes, était en cours d'évacuation lundi matin par les forces de l'ordre, a constaté une journaliste de l'AFP. 

L'opération a débuté dans le calme aux alentours de 08H30 sur ce campement du square Daviais, où jusqu'à 400 personnes étaient recensées la semaine dernière. "L'objectif de cette expulsion est de mettre fin à une situation présentant des risques élevés pour la santé et la salubrité publiques", souligne dans un communiqué la préfecture de Loire-Atlantique, qui avait demandé en urgence l'évacuation de ce campement. 

Un important dispositif policier avait été mis en place vers 08H15 tout autour du square, situé en plein coeur de Nantes. 

Des bulletins en français, anglais et arabe ont été distribués aux personnes migrantes - originaires essentiellement du Soudan et d'Érythrée -, les invitant à se rendre dans un guichet unique d'accueil temporaire, pour y faire examiner leur situation par les services de l'État. 

Les occupants du square ramassaient leurs affaires et dépliaient leurs tentes dans le calme, se dirigeant sans précipitation vers la salle de la ville où est installé ce guichet. 

La mairie avait refusé il y a une semaine de demander l'évacuation, estimant que l'accueil des migrants doit être "digne et organisé" et annonçant qu'elle se mobilisait "aux côtés de celles et ceux qui cherchent des solutions". Saisi par la préfecture de Loire-Atlantique après le refus de la ville, le tribunal administratif de Nantes avait ordonné mercredi l'évacuation "sans délai" de ce campement, où s'étaient réfugiés dans plus de 280 tentes des mineurs isolés, des femmes isolées avec des bébés et une famille. 

"Les conditions de santé et de salubrité publique restent particulièrement dégradées sur le site", avait estimé le juge des référés de la juridiction administrative, s'inquiétant notamment du "petit espace" où les personnes migrantes "n'ont accès, en pleine chaleur, qu'à un seul point d'eau et un seul sanitaire".

"On les invite à aller dans un lieu mais il n'y aura pas de place pour tout le monde", a déploré sur place une membre d'un collectif de soutien aux migrants. 

La préfecture a promis la mise à l'abri des "personnes les plus vulnérables" et celle des demandeurs d'asile "dans la limite des places disponibles". 

La préfecture a annoncé avoir mobilisé des places d'hébergement "sur l'ensemble du territoire national", le dispositif d'accueil "étant actuellement saturé en région Pays de la Loire". Selon les autorités, les demandes d'asile ont augmenté à Nantes de 28% en un an, là où d'autres grandes villes ont enregistré des baisses. 

"Ceux qui ne peuvent prétendre ni à l'asile, ni au séjour, ou dont la demande d'asile relève d'un autre État membre de l'Union européenne, seront invités à quitter le territoire", conclut la préfecture dans son communiqué.

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