Nancy : un détenu radicalisé reçoit la liste nominative de ses surveillants

Nancy : un détenu radicalisé reçoit la liste nominative de ses surveillants
Le centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville, le 23 juin 2009.

Orange avec AFP, publié le mercredi 21 septembre 2016 à 13h13

Selon RTL, un détenu radicalisé s'est retrouvé en possession de la liste nominative de la dizaine d'agents qui l'ont surveillé. Le détenu, en détention provisoire pour meurtre, avait recopié les noms dans des livres retrouvés dans sa cellule.

Vu le profil du détenu, l'erreur est embarrassante et inquiétante pour le centre pénitentiaire de Nancy (Meurthe-et-Moselle).

Comment un détenu radicalisé a-t-il pu obtenir cette liste ? Le document devait rester, en principe, anonyme mais le prisonnier a profité d'un "bug informatique", selon l'administration pénitentiaire. Le détenu se serait violemment opposé à un changement de cellule et devait être sanctionné pour son comportement. Il a alors été placé au quartier disciplinaire avant de comparaître devant la commission de discipline.


Pour préparer sa défense, l'administration pénitentiaire lui a transmis un dossier en vue de l'audience du lendemain, comme pour tout prisonnier. Problème ? Dans les feuilles remises figuraient certaines des observations faites sur lui et les noms et prénoms de la dizaine d'agents l'ayant surveillé.

LE DÉTENU TRANSFÉRÉ À METZ

Arrêté dans le cadre d'une affaire criminelle, l'homme s'est radicalisé en prison. Son agressivité se serait "décuplée" depuis, explique la radio, mais il n'était pas lui-même "fiché S ni radicalisé", selon Fadila Doukhi, déléguée régionale FO pénitentiaire. Il a partagé la cellule de Karim Mohamed-Aggad, le frère de l'un des kamikazes du Bataclan Foued Mohamed-Aggad, condamné en juillet en première instance à 9 ans de prison ferme dans le dossier de la filière jihadiste de Strasbourg.

"C'est dramatique. Mais ce sont des erreurs qui arrivent, nous sommes humains et nous gérons de l'humain", a ajouté la syndicaliste, appelant à "ne pas mettre d'huile sur le feu". "C'est un bug unique en son genre", a assuré une source pénitentiaire à l'AFP en précisant que l'erreur avait été immédiatement constatée et le prisonnier transféré dans la foulée dans un autre établissement sans qu'il ait eu le temps d'entrer en contact avec d'autres détenus.

Interrogé mercredi matin sur RTL, le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, a expliqué ne pas être au courant des détails, mais s'être "renseigné rapidement". "Il est incarcéré aujourd'hui à Metz. Cela fait partie des éléments qui nous permettent de dire que, d'une part les mesures de protection des personnels qui peuvent être mis en danger en raison de la diffusion de leurs noms ont immédiatement été prises (...) Cela nous montre aussi qu'il faut en permanence que nous renforcions nos systèmes internes de renseignement pénitentiaire".

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