Mutuelles : la facture pour les patients augmente depuis la réforme Touraine

Mutuelles : la facture pour les patients augmente depuis la réforme Touraine
Consultation dans le cabinet d'un cardiologue le 9 octobre 2002 à Paris (archives).

publié le mardi 16 août 2016 à 21h15

- En plafonnant le remboursement des mutuelles, le gouvernement comptait inciter les médecins du secteur 2 à baisser le tarif de leur consultation. Mais ceux-ci n'ont pas forcément joué le jeu.

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En modifiant les règles du jeu, le gouvernement pensait inciter les médecins à baisser leurs tarifs. Depuis la réforme de la ministre de la Santé Marisol Touraine, le remboursement des complémentaires santé est en chute libre. L'idée de cette réforme, adoptée fin 2013 dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), était pourtant louable. Elle partait d'un double constat : les médecins pratiquent des dépassements d'honoraires de plus en plus élevés et le remboursement des mutuelles ne les incite pas à la modération.

Il est, en effet, fréquent que les médecins spécialistes (ORL, gynécologues ou ophtalmologistes) fixent le prix de leur consultation en fonction de la couverture santé du patient. Objectif : gagner le plus d'argent possible, sans que le patient n'ait à sortir un euro de sa poche. La ministre Marisol Touraine avait donc pensé qu'en baissant le plafond de remboursement des mutuelles, les spécialistes allaient, par ricochet, diminuer leurs tarifs.

Sauf que les professionnels des secteurs 2 et 3, qui pratiquent des honoraires libres, n'ont absolument pas joué le jeu. Résultat, c'est le patient qui doit payer de sa poche ce que sa complémentaire santé ne lui rembourse plus. Et cela depuis le 1er avril 2015 pour les contrats individuels, et le 1er janvier 2016 pour les contrats collectifs d'entreprise (43 % du marché).

LIMITER LES DÉPASSEMENTS D'HONORAIRES

Le Figaro relève ce mardi 16 août quelques exemples éloquents. Alors qu'un gynécologue demande en moyenne, dans les grandes villes, 72,05 euros pour une consultation, le patient doit désormais débourser 16,05 euros, a relevé le courtier Gerep, selon le quotidien. Pour les actes chirurgicaux, la facture est bien plus salée. Il ressort ainsi de cas observés par le Groupe Henner - un autre courtier en assurances - qu'une opération de la prostate facturée 3.300 euros, entièrement remboursée auparavant, coûte désormais 1.644,56 euros au patient.

Pour limiter les frais, le gouvernement a mis en place "le contrat d'accès aux soins". L'idée, que les patients se fassent soigner chez certains médecins non conventionnés, tout en n'ayant rien à payer. En échange d'un dépassement d'honoraires limité, les professionnels de santé sont sûrs que leurs patients seront intégralement remboursés par leur mutuelle. Mais, selon Europe 1, seuls un tiers des soignants ont accepté et c'est encore moins dans les grandes villes.

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