Municipales : Villani veut "réparer 2020 et préparer 2030" à Paris

Municipales : Villani veut "réparer 2020 et préparer 2030" à Paris
"La politique, c'est aussi la façon dont on intègre les technologies, les sciences et diagnostics au service de l'humain", a estimé Cédric Villani, à Paris, le 18 février 2020
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, publié le jeudi 20 février 2020 à 17h56

"Il faudra présenter notre meilleur visage au monde pour les Jeux olympiques" de 2024: le mathématicien Cédric Villani, candidat dissident et désormais ex-LREM à la mairie de Paris, dit rêver d'une capitale "agrandie" pour résoudre "les problèmes" des Parisiens.

Q: Quel est le Paris que vous promettez à échéance de cinq, 10 ou 15 ans ? 

R: "Je vais viser déjà quatre ans parce qu'il faut penser aux Jeux olympiques, qui arrivent en 2024. C'est le moment où il faudra présenter notre meilleur visage au monde et si, au moment des Jeux olympiques, nous avons encore des rues sales, de la bagarre dans les rues, des incivilités, des dealers qui importunent les uns et les autres, eh bien c'est ce qui sera dans les journaux du monde entier. La priorité c'est de ramener de la sérénité, réduire les embouteillages, mettre en place une police municipale qui amènera de l'apaisement et évitera les incivilités, remuscler les services de nettoiement de la ville. 

Il faut réparer 2020 et préparer 2030, en particulier la grande révolution écologique et faire disparaître la mobilité à essence dans les rues, avoir mené un grand programme de végétalisation, réduire très fortement les 2.000 passoires thermiques, améliorer la qualité des transports en commun et travailler de façon très efficace en partenariat avec la couronne pour construire des projets ensemble à l'échelle grand parisienne. 

A 15 ans, et j'espère bien avant, nous verrons le nouveau Paris, agrandi, dans lequel les frontières ne seront plus celles du périphérique actuel mais celles qui comprendront aussi les 22 communes limitrophes".

Q: Un maire de Paris peut-il vouloir annexer les communes limitrophes ? 

R: "Il y a une anomalie, Paris est une capitale qui a grandi à travers les siècles et qui a arrêté son développement au milieu, dans les mêmes frontières que celles des enceintes d'Adolphe Thiers en 1860, (permettant à) des communes comme Belleville ou Auteuil d'intégrer Paris. Quand on fait des comparaisons internationales, on voit que Paris est tout petit, ce n'est même pas 100 km2 là où Londres en fait 1.500, soit 15 fois plus. Et cette petitesse handicape. Ce n'est pas en agissant à l'intérieur de Paris qu'on arrivera à résoudre les problèmes de mobilité, d'embouteillages, de logement. Je suis allé rencontrer les maires des communes voisines pour avoir leur avis, et les réponses ont été un peu toujours les mêmes : +Hors de question+, et puis ensuite ils disent : +Je crois que c'est le sens de l'Histoire+."

Q: Comment comptez-vous utiliser l'intelligence artificielle pour diminuer les pollutions à Paris ? 

R: "L'écologie telle que je la prône est une écologie scientifique rationnelle, s'appuyant sur des études, des indicateurs, avec tous les systèmes de mesures pour vérifier la pollution. On a vu lors de l'incendie de Notre-Dame-de-Paris comme on était mal équipé pour détecter la pollution au plomb. Nous avons besoin de capteurs qui nous renseignent au quotidien sur tout ce qui pollue, sur les oxydes d'azote... Il faut plus de diagnostics.

La politique, c'est aussi la façon dont on intègre les technologies, les sciences et diagnostics au service de l'humain. Par exemple, vous créez au moins une quarantaine de +quartiers apaisés+ à Paris, dans lesquels vous travaillez sur l'esprit de village, ça veut dire éviter que les voitures viennent envahir les voies. Il faut trouver les bons sens interdits qui feront que l'itinéraire que la voiture a envie de prendre ne sera plus juste un raccourci, revoir les plans de circulation."

Q: Quid des transports ? 

R: "L'intelligence artificielle alimente beaucoup de fantasmes, mais ça n'a rien d'intelligent, c'est juste de l'algorithme sophistiqué. Paris est l'une des capitales mondiales de l'intelligence artificielle, parce que nous formons d'excellents chercheurs, d'excellents ingénieurs. Au niveau médical, ça vous permet d'identifier un cancer, mieux que les meilleurs experts humains. Grâce à l'intelligence artificielle, où vous avez des logiciels qui en fonction d'un cadastre, d'un plan d'urbanisme, vous disent automatiquement quels sont les meilleurs endroits pour implanter des panneaux solaires. Il y a des logiciels qui à partir de caméras installées sur des véhicules repèrent les rues qui sont plus sales que les autres, qui ont besoin qu'on revienne nettoyer. Sur la route, l'intelligence artificielle peut permettre de mieux synchroniser et fluidifier la circulation. Moscou l'a fait, ce n'est pas une ville la plus fluide qui soit, mais il faut voir d'où ils partaient".

Q: Paris est-il un bon terrain pour un scientifique comme vous ?  

R: "Avec ma qualité de scientifique, d'intellectuel engagé en politique, c'est moi qui porte le projet à la fois plus rationnel et celui qui a la vision du futur, vision internationale. Et, c'est la ville rêvée pour un scientifique: d'abord parce qu'il y a tellement de problèmes à résoudre, ensuite parce que c'est la ville que le monde entier regarde. Nous avons le devoir d'être à la hauteur et Paris est cette grande ville d'expérimentation".

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