Mouvement anti-pass sanitaire : slogans et symboles

Mouvement anti-pass sanitaire : slogans et symboles
Manifestation contre le pass sanitaire à Paris, le 14 août 2021.

publié le samedi 21 août 2021 à 07h00

"Mais Qui ?", "Touche pas à mes enfants"... Références de la sphère complotiste ou allusions aux débats sociaux antérieurs, décryptage des slogans et symboles utilisés par le mouvement.

De Paris à Marseille et de Metz à Toulouse, des dizaines de milliers d'opposants au pass sanitaire s'apprêtent à défiler ce 21 août pour le sixième samedi consécutif, contre le dispositif, généralisé à la plupart des lieux publics.

Egalement actif sur les réseaux sociaux, le mouvement possède ses propres codes et slogans, souvent détournés de débats sociétaux antérieurs, allusions cryptées ou références de la sphère complotiste. Quelques clés pour les comprendre.



"Mon corps, mon choix"

"My Body, my choice" est le slogan emblématique des mouvements féministes d'après Mai-1968 puis des "pro-choix", les militants du droit à l'avortement aux Etats-Unis. Il a largement été détourné par une frange opposée à la vaccination du Parti républicain américain. Souvent associé au dessin d'une seringue barrée, il est aujourd'hui l'un des slogans les plus récurrents dans les manifestations contre la vaccination à travers le monde.

"Mais Qui ?"

Ce slogan antisémite est apparu à plusieurs reprises dans les cortèges anti-pass sanitaire en France à la suite d'un entretien accordé en juin sur la chaîne CNews à un général à la retraite, Daniel Delawarde, signataire d'une tribune évoquant "le délitement" de la France publiée par l'hebdomadaire Valeurs actuelles. A la question "qui contrôle la 'meute médiatique' ?", il avait répondu : "la communauté que vous connaissez bien", avant d'être coupé par le présentateur, Jean-Marc Morandini.

Une enseignante, ex-membre du Front national et ex-élue locale, qui avait brandi lors de la manifestation du 7 août à Metz ce signe agrémenté de noms de responsables politiques, hommes d'affaires et intellectuels pour la plupart juifs, a été interpellée à Hombourg-Haut (Moselle) et sera jugée en septembre pour provocation à la haine raciale.

Des enquêtes ont par ailleurs été ouvertes à Paris, Epinal (Vosges), ou encore Besançon (Doubs) pour des pancartes considérées comme antisémites brandies lors des manifestations du 14 août. A Compiègne (Oise), un homme a été interpellé à l'issue de la manifestation, portant un "bob et un T-shirt marqués d'un 'Qui ?' avec deux cornes de diable". Il comparaîtra en octobre pour provocation publique à la haine ou à la violence raciale. 

Étoiles jaunes

Les références à la Shoah se sont multipliées en France dans les manifestations contre le confinement, puis contre l'extension du pass sanitaire. Ses opposants n'hésitent pas à comparer leur situation à celle des juifs pendant la Seconde guerre mondiale. 

Des étoiles jaunes détournées, barrées de la mention "non vacciné" ont été vues dans plusieurs cortèges en France, avant d'en disparaître début août. Ce détournement avait suscité une vague d'indignation, notamment auprès d'enfants de rescapés de la Shoah qui ont dénoncé une comparaison inappropriée et une manière de relativiser l'holocauste.

"Pas un rhinocéros"

"Je ne suis pas un rhinocéros, je reste humain, je ne capitulerai pas". Via des badges payants et une pétition en ligne, le mammifère à corne est devenu l'un des symboles de ralliement des soutiens de Florian Philippot, ancien du Rassemblement national en pointe de l'opposition au pass sanitaire.

Il s'agit d'une référence à l'excipit de la pièce de théâtre de Ionesco dans laquelle une épidémie de rhinocérite frappe la population, apeurant les habitants d'une ville et les métamorphosant bientôt en animaux soumis. "J'y ai pensé tout de suite en voyant la folie covidiste", explique Florian Philippot, chef des Patriotes, dans une vidéo devenu virale.

"Touche pas à mes enfants"

En réaction à l'idée d'étendre la vaccination contre le Covid-19 aux moins de 12 ans, la mobilisation autour de ce slogan a été lancée en avril par l'avocat Fabrice Di Vizio, nouvelle star des milieux complotistes et ancien candidat du Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin, qui affiche aujourd'hui sa proximité avec Florian Philippot.

Dans sa version anti-vaccination, ce détournement du slogan anti-raciste des années 1980 "Touche pas à mon pote" reprend le thème de l'inquiétude pour les enfants, un marqueur de l'extrême droite qui a essaimé du mouvement de la Manif pour tous en passant par le mouvement QAnon et sa rhétorique d'un complot pédophile. 
 

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