Mosquées dégradée à Bordeaux et menacée à Béziers : Gérald Darmanin dénonce des actes "inacceptables"

Mosquées dégradée à Bordeaux et menacée à Béziers : Gérald Darmanin dénonce des actes "inacceptables"
La façade d'une mosquée (illustration)

, publié le mercredi 21 octobre 2020 à 17h00

Le ministre de l'Intérieur a demandé aux préfets des départements de Gironde et de l'Hérault de protéger ces lieux de culte.

Alors que des tags injurieux et des dégradations ont été commis dans la nuit de mardi à mercredi sur une mosquée de Bordeaux et qu'un message appelant à "cramer la mosquée" de Béziers a été publié sur Facebook, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a condamné des actes "inacceptables". 



"Des menaces ou des actes de violence ont visé les mosquées de Béziers et de Bordeaux, j'ai demandé aux Préfets des départements concernés de protéger ces lieux de culte. De tels actes sont inacceptables sur le sol de la République", a réagi le locataire de la place Beauvau.


"Des dégradations ont été commises cette nuit sur la mosquée Nur El Mohamedi, rue des Menuts à Bordeaux, avec des inscriptions sur les murs et des vitres brisées", a indiqué mercredi 21 octobre la préfecture du département dans un communiqué.

Le préfet délégué pour la sécurité et la défense Martin Guespereau s'est entretenu mercredi matin avec les responsables du culte musulman et leur a fait part du soutien de l'Etat. Une enquête judiciaire a été ouverte et des patrouilles seront déployées aux abords des lieux de prières, a également annoncé la préfecture. 

Les tags, découverts tôt mercredi matin et effacé rapidement, sont des "insultes au prophète", selon Abdelaziz Manaa, vice-président de la mosquée, contacté par l'AFP. La mosquée Nur El Mohamedi qui est "la plus ancienne de Bordeaux, affiliée à la Grande mosquée de Paris", a déjà été la cible d'inscriptions la semaine dernière qui disaient "Ni dieu, ni maître, ni proxo ni mari", selon Abdelaziz Manaa. "C'est la deuxième plainte que nous déposons après celle de la semaine dernière", a-t-il déclaré ajoutant que "les tags, ça ne date pas d'hier, on en a tout le temps, on ne dépose pas plainte à chaque fois car on n'a jamais de nouvelles, ça arrive tous les mois ou tous les deux mois". "Par contre, c'est la première fois qu'on a de la casse, ça commence à partir en vrac", ajoute-t-il.


A Béziers, une plainte a été déposée mardi par l'association culturelle des français musulmans de Béziers (ACFMB) après la publication sur Facebook d'un message appelant à "cramer la mosquée" de cette ville de l'Hérault. L'association a découvert le 17 octobre, au lendemain de la décapitation d'un enseignant en banlieue parisienne, ce message, a indiqué dans un communiqué le procureur de la ville Raphaël Balland. Cet appel ne précisait pas laquelle des cinq mosquées de la ville dirigée par le maire d'extrême droite Robert Ménard serait visée. "Des investigations sont actuellement diligentées par le commissariat de police de Béziers afin de tenter d'identifier l'auteur de ce message électronique", a précisé le procureur. 

"Nous avons découvert des appels à la haine sur Facebook et j'ai demandé au responsable de la mosquée Ar-Rahma (la principale mosquée de la ville, ndlr) de déposer plainte immédiatement. Nous ne pouvons pas tolérer ces faits. Il y a des amalgames qui sont insupportables", a expliqué à l'AFP Abdallah Zekri, délégué général du Conseil français du culte musulman à Béziers et président de la fédération régionale du sud-ouest de la Grande mosquée de Paris. "Nous sommes en capacité de dire qui est derrière tout ça", a-t-il assuré, soulignant que le message était signé : "Ce sont des groupes identitaires bien connus qui essaient de créer un climat de guerre à Béziers. C'est inadmissible".

"Nous condamnons avec la plus grande fermeté ce qui est arrivé à (Samuel) Paty (ce professeur d'histoire-géographie assassiné le 16 octobre pour avoir montré des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression, ndlr). Nous sommes déterminés à lutter contre ce genre d'actes... Nous sommes, nous aussi, en deuil car la République, notre République, a été atteinte en son sein", a également indiqué Abdallah Zekri, qui est également président de l'Observatoire de lutte contre l'islamophobie. De son côté, la préfète de la Gironde Fabienne Buccio a appelé "en cette journée d'hommage national" à Samuel Paty "à l'unité de tous et condamne avec la plus grande fermeté ces actes inacceptables qui n'ont pas leur place dans la République française".

De son côté, Robert Ménard a déclaré à l'AFP "condamner ce qui vient de se passer". "Je le condamne avec fermeté. Non, on ne menace pas de détruire un lieu de culte... Toute la Ville est mobilisée pour protéger les musulmans. Je ne fais aucun amalgame. Je dénonce l'islamisme, je dénonce des fous pour protéger les musulmans. Je ne confonds pas. Jamais ! C'est la raison pour laquelle la surveillance de la mosquée par la Police municipale a été renforcée", a encore fait valoir l'édile.
 

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