Mosquée de Strasbourg : l'association controversée retire sa demande de subvention

Mosquée de Strasbourg : l'association controversée retire sa demande de subvention
La mosquée Eyyub Sultan, à Strasbourg

publié le vendredi 16 avril 2021 à 11h04

La ministre de la citoyenneté Marlène Schiappa s'est réjouie sur LCI que la demande de subvention ait été retirée. Elle a aussi souligné la "lâcheté" de la mairie de Strasbourg.

 


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"Les porteurs du projet ont constaté le besoin de consolider leur plan de financement et ont donc retiré le 15 avril leur demande de subvention". Dans une "lettre aux Strasbourgeois" publiée vendredi 16 avril par les Dernières Nouvelles d'Alsace, la maire (EELV) de Strasbourg Jeanne Barseghian s'explique sur la subvention votée par la ville pour la construction d'une mosquée, projet porté par une association controversée. "Je prends acte de ce retrait et la ville ne versera donc pas en l'état de subvention pour la poursuite de la construction de la mosquée", écrit Jeanne Barseghian. La maire de la capitale alsacienne, critiqué par le gouvernement pour cette promesse de subvention, rappelle avoir "conditionné le versement d'une subvention à la confirmation par l'association de son inscription dans les principes républicains et à la présentation d'un plan de financement transparent et consolidé".  

"Une association qui promeut l'islam politique"

L'Etat et la mairie écologiste avaient engagé un bras de fer après le vote le 22 mars par le conseil municipal d'une délibération actant le "principe" d'une subvention de plus de 2,5 millions d'euros destinée au chantier de la mosquée, un projet porté par la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG) Est, une association d'origine turque. "Je me réjouis sur le fond que ces deux millions et demi d'euros n'aillent pas financer une association qui promeut l'islam politique", a réagi Marlène Schiappa sur LCI vendredi matin."Quelle lâcheté du début à la fin de la part de la mairie, de la municipalité de Strasbourg. Il n'y a aucune décision qui a été vraiment assumée", a tancé Marlène Schiappa.  


"C'est l'association elle-même qui a finalement décidé de ne pas demander de subvention", a poursuivi la ministre, "les responsables politiques ne sont pas là pour subir face aux offensives de l'islam radical, ils sont là pour prendre des décisions même si elles sont difficiles et nous exposent". Pour Marlène Schiappa, il est reproché à Millî Görüs "ses accointances avec les sphères (du président turc Recep Tayyip) Erdogan" mais surtout "d'avoir refusé de signer la charte de l'islam en France", preuve selon elle d'un "islam politique". "Je ne pense pas qu'il faille interdire (Millî Görüs)", a-t-elle toutefois déclaré, "mais entre ne pas interdire et financer il y a peut-être une marge".


"Ingérence étrangère"

Le vote en faveur d'une subvention à cette association accusée de promouvoir un "islam politique" avait suscité une vive réaction du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui avait reproché à la maire de financer une "ingérence étrangère", en l'occurrence celle de la Turquie, en France. Le ministre reprochait particulièrement à Millî Görüs de ne pas avoir signé en janvier la "Charte des principes de l'islam de France". La préfète du Bas-Rhin Josiane Chevalier avait ainsi saisi début avril le tribunal administratif de la "délibération litigieuse" du conseil municipal de Strasbourg. De son côté, Millî Görüs avait récusé les accusations "infondées" d'allégeance à Ankara ou de "séparatisme".

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