Moselle : un journaliste agressé sur un rond-point occupé par des "gilets jaunes" 

Moselle : un journaliste agressé sur un rond-point occupé par des "gilets jaunes" 
Des "gilets jaunes" et des gendarmes sur le rond-point de Longeville-lès-Saint-Avold, le 15 décembre 2018.

, publié le samedi 19 janvier 2019 à 12h21

Ce reporter du Républicain Lorrain agressé vendredi était en reportage sur un rond-point à Longeville-lès-Saint-Avold, en Moselle. Les agressions contre les journalistes se sont multipliées depuis le début du mouvement des "gilets jaunes".

Vendredi soir, était lancée une pétition pour appeler les citoyens à mettre un terme aux violences contre la presse.

Un journaliste du Républicain Lorrain a déclaré samedi 19 janvier à l'AFP avoir été agressé physiquement vendredi par un "gilet jaune" alors qu'il faisait un reportage sur un rassemblement à Longeville-lès-Saint-Avold (Moselle). Alain Morvan, rédacteur au service reportage du Républicain Lorrain, se trouvait en début d'après midi au rond-point de Longeville-lès-Saint-Avold, près de la frontière franco-allemande, où des manifestants organisaient un barrage filtrant.



Un coup de pied à l'abdomen

"J'ai voulu prendre une photo au smartphone du rassemblement et un gilet jaune s'est planté à 5 cm de mon visage en étant menaçant", a expliqué au téléphone Alain Morvan. "J'ai décliné mon identité de journaliste, mais cela a été une circonstance aggravante". "J'en ai rien à foutre", "tu fais pas de photo", aurait crié avec rage l'individu avant de porter des coups au journaliste. Alain Morvan raconte avoir pu "parer" les coups de poings, mais un violent coup de pied l'a atteint à l'abdomen.

L'agresseur a été maîtrisé par trois autres "gilets jaunes", tandis qu'il continuait de donner des coups dans le vide en direction du journaliste. "J'avais l'impression de voir un type qui voulait me traverser, me défoncer le crâne", a dit Alain Morvan, "choqué psychologiquement". Hospitalisé vendredi, il a pu regagner son domicile en fin de soirée, après avoir passé des examens pour "écarter des suspicions de lésion interne à l'abdomen". Il a déposé plainte pour violences volontaires. "J'ai déjà fait des reportages après des catastrophes naturelles, dans des manifestations tendues de mineurs ou de métallos... jamais je ne me suis senti autant en danger que sur ce rond-point", a-t-il dit.

Plusieurs journalistes agressées depuis le début du mouvement 


Vendredi, des organisations et associations de journalistes ont lancé une pétition pour appeler les citoyens à mettre un terme aux violences contre la presse et défendre la liberté d'informer. "La montée des violences contre les reporters est extrêmement grave et préoccupante, comme le sont évidemment toutes les violences arbitraires, quels qu'en soient les auteurs. Qu'on soit manifestant ou qu'on soit policier, on ne peut pas prétendre défendre la liberté et attaquer le journalisme", souligne le texte de cette pétition, hébergée sur le site de l'ONG Reporters sans frontières.


Le "cri d'alarme" de RSF

"En France, le droit d'informer est un droit fondamental, au même titre que le droit de manifester. Nous lançons un appel pour une mobilisation citoyenne afin de mettre fin aux violences commises contre les journalistes. Les citoyens ont le droit de manifester, les journalistes celui d'informer, au service de tous", conclut cette pétition. 


La pétition a été lancée à l'initiative de plusieurs organisations professionnelles de journalistes et photographes de presse, d'associations et syndicats de journalistes dont la Fédération européenne des journalistes, le SNJ et RSF, et des sociétés de journalistes et sociétés de rédacteurs de plusieurs médias : BFM, Challenges, les Echos, l'Express, Franceinfo, le Figaro, France Inter, le JDD, France 2, M6, le Parisien-Aujourd'hui en France, Premières Lignes, Radio France, RFI, RMC, Sud Ouest, TF1, Cnews, Europe 1, Le Monde et le Point.

Depuis le début des manifestations en novembre, des journalistes sont régulièrement pris à partie dans le cadre du mouvement des "gilets jaunes". Agressions, menaces, insultes, le secrétaire général de l'ONG Reporters sans frontières, Christophe Deloire, a lancé dimanche 13 janvier "un cri d'alarme" face à une situation "très grave, qui menace d'empirer".

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