Morts sur les routes: la courbe s'est inversée en 2017

Morts sur les routes: la courbe s'est inversée en 2017

Le nombre de morts sur les routes de France a connu un léger recul en 2017, avec 3.693 tués en métropole et Outre-mer confondus, soit 45 de moins qu'en 2016

AFP, publié le jeudi 01 février 2018 à 15h55

Après trois ans consécutifs de hausse, la courbe s'est enfin inversée: le nombre de morts sur les routes a légèrement reculé en 2017 en France (-1,2%), ravivant la polémique sur l'opportunité de la baisse de la vitesse sur certaines routes annoncée par le gouvernement.

Après avoir atteint un plus-bas historique en 2013 (3.427 tués), la France a ensuite connu trois années noires, une situation inédite depuis 1972. Le bilan annuel communiqué jeudi par la Sécurité routière, qui inclut pour la première fois l'Outre-mer, a marqué la fin symbolique de cette série funeste.

En 2017, 3.693 personnes ont été tuées en France, soit une baisse de 1,2% par rapport à 2016 (45 décès en moins): 3.456 sur les routes de métropole (-0,6%) et 237 en Outre-mer (-9%).

Le nombre d'accidents (61.570, +2,8%), de blessés (77.476, +2,2%) et d'hospitalisations (29.252 +1,5%) est, lui, toutefois en hausse.

Selon la Sécurité routière, en métropole notamment, "l'analyse des accidents mortels en 2017 montre que la vitesse excessive ou inadaptée reste la cause principale, suivie de la surconsommation d'alcool, qui connaît une légère hausse". Troisième facteur d'accident : le non-respect des règles de priorité, en légère baisse.

"On ne peut que se réjouir d'avoir sauvé des vies. Mais nous souhaitons que cette baisse soit plus tranchée, pour nous, c'est plutôt une stabilité baissière", tempère le délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe. 

"On est très loin de l'année de référence qui reste 2013, ce n'est pas à la hauteur de ce qu'on pouvait espérer", estime de son côté la présidente de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon.

- Le débat sur les 80 km/h ravivé -

Ces chiffres vont raviver le débat sur l'abaissement au 1er juillet de 90 à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les 400.000 km de routes secondaires à double sens sans séparateur central, mesure aussi emblématique que polémique du plan de sécurité routière annoncée le 9 janvier par le Premier ministre Edouard Philippe.

"Cette baisse prévisible est la preuve qu'il n'y a pas besoin de réduire la vitesse", estime ainsi le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, Pierre Chasseray, farouche opposant au 80 km/h : "On appelle le Premier ministre à revenir sur cette annonce inutile".

En métropole, les motocyclistes sont les usagers qui ont connu la plus forte hausse du nombre de tués, avec 669 décès (56 de plus qu'en 2016, +9%), devant les cyclistes (172 morts, +6%) et les automobilistes (1.770 décès, +1%). La mortalité des piétons est, elle, en recul (488 décès, -13%).

Didier Renou, porte-parole de la Fédération française des motards en colère, estime que le plan gouvernemental devrait prévoir des mesures spécifiques pour les deux-routes motorisés.

Il appelle à agir sur les "véritables causes" des accidents, à savoir les comportements sur la route, par "l'éducation à un vivre-ensemble et un partage de la route" et les infrastructures, plutôt que sur la vitesse.

Pour Chantal Perrichon, cette légère baisse appelle au contraire à aller plus loin. "Avec cette +mesure de rupture+ (80 km/h), nous sommes en droit d'espérer dès sa mise en place une inversion plus significative de la courbe", estime-t-elle, appelant au "courage politique" du gouvernement pour "résister aux groupes de pression".

Alors qu'associations de motards et d'automobilistes multiplient les manifestations, "ces chiffres ne remettent en rien en cause la pertinence des mesures", assure Emmanuel Barbe.

"Ce plan ambitieux devrait permettre d'avoir une vraie baisse à l'avenir", ajoute-t-il, en rappelant les autres mesures annoncées pour lutter notamment contre l'alcool (développement éthylotests anti-démarrage) ou le téléphone (possibilité de rétention du permis de conduire) au volant. 

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130 commentaires - Morts sur les routes: la courbe s'est inversée en 2017
  • Cette mesure aveugle, reviendrai à fixer pour tous un impôts forfaitaire à 2000€, sans tenir compte des revenus, de la situation familiale etc...

  • L'art de manipuler les chiffres: en 2017 la sécurité routière inclut pour la première fois les départements d'outre-mer.soit 237 morts. On est revenu pratiquement au chiffre de 2013 si on ne prend que la métropole comme c'était le cas en 2013.( 3 456 en 2017, 3 427 en 2013 ) Entre 2016 et 2017 le nombre de tués a baissé de 7.5% et non 1.2% si on ne prend que la métropole.

  • et si l'on commençait par un vrai examen du permis de conduire?? avec une réelle formation... y compris sur piste, avec des tests de freinage, un apprentissage à la conduite sur route mouillée, et pour finir un vrai examen et un examen médical remplaçant cette bouffonnerie actuelle ???

  • Dans les années soixante;il y avait autour de 15 000 morts par an sur les routes et pourtant on est passé aux 3000 morts d'aujourd'hui à coups de mesures jugées aussi impopulaires à l'époque que l'on juge aujourd'hui la limitation de vitesse à 80 km/h : Ce furent le port de la ceinture de sécurité;le permis à points;les limitations de vitesses généralisées;les radars......Choses bien admises maintenant !

    puisque vous parlez histoire, n'oubliez pas de dire que l'abaissement de la vitesse à 90 kmh est plus du au choc pétrolier des années 70 qu'a la prévention routière.

  • La vitesse n'est pas responsable dans les accidents mais plutôt l'incivilité des conducteurs comportements irresponsables au volant, non respect du code de la route, stop ou feux rouge brulés ,refus de priorité , téléphone au volant, drogue , alcoolémie , tous les conducteurs responsables adaptent leur vitesse suivant la route en pleine ligne droite on peux rouler plus vite dans les virages on ralentis , mais là certains ne font pas la différence ils roulent comme des fous sans se soucier des autres usagers ; et les passages piétons on vous roule sur les pieds sans hésitation, vivement des radars à ces endroits et respecter la matérialisation des lignes blanches sur les routes, c'est tout !!!.

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