Mort de Steve : "nous n'avons pas dédouané les forces de police", assure la cheffe de l'IGPN

Mort de Steve : "nous n'avons pas dédouané les forces de police", assure la cheffe de l'IGPN
Brigitte Julien, directrice de l'IGPN, lors d'une conférence le 13 juin 2019 à Paris.

, publié le lundi 05 août 2019 à 08h30

L'IGPN n'a pas pu établir de lien entre l'action des forces de l'ordre le soir de la fête de la musique quai Wilson à Nantes et la disparition dans le même secteur de Steve Maia Caniço, dont le corps a été retrouvé fin juillet dans le fleuve.

L'enquête administrative de l'IGPN sur l'intervention controversée des forces de l'ordre le soir de la fête de la musique à Nantes n'a pas "dédouané la police", affirme sa directrice dans deux entretiens, l'un paru samedi 3 août sur le site de L'Obs, le deuxième paru dimanche sur le site de Libération.




"Nous n'avons pas dédouané les forces de police, c'est ce que l'on entend en boucle depuis des jours, mais c'est faux", a déclaré la patronne de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) Brigitte Jullien. "Les gens attendaient absolument une condamnation de la police, aucune autre réponse n'était entendable à ce moment-là", a-t-elle ajouté, précisant que le rapport "n'a pas été écrit sur un coin de table".

"On dit que l'emploi de la force était légitime en réaction à des jets de projectiles. On ne porte pas de jugement sur les consignes de la préfecture d'aller éteindre la musique à 4 heures du matin. On ne s'est pas autorisés à le faire, ce n'est pas l'objet de notre saisine. C'est l'IGA qui le fera", a-t-elle également expliqué.

Selon une synthèse rendue publique mardi 30 juillet, l'IGPN n'a pas pu établir de lien entre l'action des forces de l'ordre le soir du 21 juin quai Wilson à Nantes et la disparition dans le même secteur de Steve Maia Caniço, dont le corps a été retrouvé lundi 29 juillet dans le fleuve.

Le document suscite depuis de vives critiques et interrogations, tant chez l'avocate de la famille du jeune homme que chez des responsables politiques ou des participants à cette soirée, dont aucun n'a été auditionné dans cette procédure.



"Une enquête judiciaire a été ouverte (...). Les témoins seront interrogés. L'enquête administrative n'a pas cette fonction", a justifié David Chantreux, chef de l'unité de coordination des enquêtes IGPN, également interviewé par L'Obs et par Libération. "L'enquête administrative est centrée sur l'action des agents de l'administration (...). Les agents n'ont pas d'autorité pour entendre d'autres personnes", a-t-il ajouté. "Dans une enquête administrative comme ­celle-là, on s'intéresse à l'activité et aux comptes rendus des effectifs de police durant l'intervention", a-t-il précisé, indiquant que l'enquête judiciaire, elle, "par des perquisitions, des interrogatoires, des auditions de témoins, des réquisitions sur la vidéosurveillance, ­reviendra sur tout cela et le précisera le plus possible", mais qu'à chaque enquête sa fonction.

La synthèse du rapport de l'IGPN affirmait pourtant qu'"aucune des personnes repêchées par les sauveteurs n'avait déclaré avoir été poussée par l'action de la police à se jeter, et aucune n'avait imputé sa chute à cette action". Au moins un jeune homme a affirmé dans la presse que sa chute dans l'eau était due aux gaz lacrymogènes et à la panique. 

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a reconnu vendredi qu'il y avait toujours un "questionnement sur l'utilisation des lacrymogènes" lors de l'intervention policière le soir de la fête de la musique à Nantes.

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