Mort de Rémi Fraisse: non-lieu en faveur du gendarme

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 Manifestation en hommage à Rémi Fraisse à Paris, le 8 novembre 2014

Manifestation en hommage à Rémi Fraisse à Paris, le 8 novembre 2014

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© AFP, FRANCOIS GUILLOT
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AFP, publié le mardi 09 janvier 2018 à 19h03

Plus de trois ans après la mort de Rémi Fraisse à Sivens (Tarn), la justice a délivré mardi un non-lieu en faveur du gendarme ayant tiré la grenade qui a tué le militant écologiste. 

Une décision vivement critiquée par le père de la victime qui dénonce une "justice aux ordres" et va faire appel.

"L'ordonnance de non-lieu était inévitable car personne n'avait été mis en examen (dans cette affaire), donc ce n'est pas réellement une surprise", a indiqué l'avocat du gendarme, Me Jean Tamalet.

"Par ailleurs, le réquisitoire définitif (du parquet de Toulouse) réclamait un non-lieu en insistant sur les fruits de l'instruction qui concluaient à un épouvantable accident", a-t-il ajouté à l'AFP.

"Le procureur rappelait qu'il y avait eu une instruction fouillée, de nombreuses expertises, et que l'emploi de la force avait été proportionné à la situation", et que celui de "la grenade correspondait à l'application des textes" alors en vigueur, a poursuivi Me Tamalet.

Rémi Fraisse, âgé de 21 ans, avait succombé à l'explosion d'une grenade tirée par un gendarme lors de violents affrontements sur le chantier de la retenue d'eau controversée de Sivens, le 26 octobre 2014.

Trois semaines après la mort du militant écologiste, le gouvernement avait annoncé l'interdiction des grenades offensives à l'origine de ce décès, après avoir suspendu leur utilisation.

"Mon client est soulagé, même s'il continue à vivre avec ce drame", a souligné Me Tamalet. Avec cette décision "il va pouvoir continuer à se reconstruire".

"On s'y attendait. Tout a été fait par les juges et le parquet pour une instruction à décharge des gendarmes", a de son côté lancé le père de la victime, Jean-Pierre Fraisse. Selon lui, "de toutes les façons, la décision a été prise à un haut niveau. La justice est aux ordres, point barre".

- "La raison d'Etat a prévalu" -

"La raison d'État de deux gouvernements successifs a prévalu alors qu'il n'y avait aucune raison puisqu'il y a mort d'homme. Si la France n'est pas capable de faire toute la vérité alors qu'il y a mort d'homme dans quel pays vivons nous?", s'est-il insurgé.

"Nous allons faire appel!", a affirmé Me Claire Dujardin, qui défend la famille Fraisse, soulignant qu'elle était décidée à aller "au bout" de la procédure en France même si elle ne se "fait pas d'illusion". 

"On sait déjà comment ça va se passer", a-t-elle ajouté, rappelant que ses "demandes d'acte ont toutes été refusées: absence de reconstitution, d'appel à témoins, d'auditions du préfet du Tarn"... L'avocate s'est dite prête à porter "les faits devant la Cour européenne des Droits de l'Homme" et à demander "à ce que la responsabilité de l'État soit engagée".

"Nous regrettons ce non-lieu", a réagi Europe Écologie - Les Verts (EELV). "Qu'on puisse mourir tué par une grenade militaire en occupant pacifiquement un bois à protéger n'est ni normal ni accidentel. Il faut un procès pour éclaircir les responsabilités", a estimé le mouvement.

"Je pense à ceux qui savent pourquoi cela est arrivé (...). J'imagine qu'ils sont face à leur conscience parfois dans le silence de la nuit. Et qu'elle est taraudante. Comme les renoncules ont refleuri à Sivens, la vérité adviendra un jour", a tweeté l'ancienne ministre écologiste Cécile Duflot.

"L'affaire Rémi Fraisse est enterrée..... Sans justice, vous n'aurez jamais la paix!", a pour sa part assuré Olivier Besançenot (NPA).

Dans ses réquisitions de non-lieu, le parquet de Toulouse était revenu sur la personnalité de Rémi Fraisse: "Un jeune homme totalement intégré, calme, pondéré et pacifique". 

"Rien dans son parcours, bien au contraire, ne met en exergue une quelconque agressivité ou acte de violence à l'encontre des institutions ou représentants des forces de l'ordre", avait-il souligné.

Le projet de barrage a depuis été abandonné, mais un autre, réduit de moitié, est à l'étude. Les zadistes qui occupaient le site en ont été délogés le 6 mars 2015.

 
201 commentaires - Mort de Rémi Fraisse: non-lieu en faveur du gendarme
  • La cause défendue par le jeune homme ne méritait sans doute pas que l'on use de violence pour la défendre et encore moins que l'on meure pour elle. Et d'un autre côté, si l'usage des grenades a été interdit suite à ce drame c'est que leur usage n'aurait jamais dû être autorisé .... Quand au rôle tenu par le gendarme, il faut être cohérent, si sa hiérarchie lui donne des grenades, on peut difficilement ensuite lui reprocher de les avoir utilisées à partir du moment où les circonstances le justifiait ...

  • Quand je lis tous les amateurs de charentaises vautrés sur leur canapé et abêtis par de la malinformation (voire dés-) avec leurs idées préconçues (ou plutôt ce qu'on leur fourre dans ce qu'ils ont d'espace libre pour la publicité).
    Affligeant ...

  • si maintenant le fait de manifester on risque la mort sans impunité ..........

    connaissez vous la différence entre manifester et intention de nuire aux forces de l'ordre
    il y a eu tout de même des gendarmes blessés par des jets de bouteilles d'acide et des cocktails Molotov
    lorsqu'on prend l'épée on périt par l'épée
    il faut plutôt s'interroger sur l'impunité des gens qui agressent les forces de l'ordre avec la volonté de porter atteinte physique

    oui je la connait il y en a qui sont payé avec des primes de risques et qui choisissent ce métier et les autres qui défendent des idées

  • Attendez un peu le moment où il va falloir évacuer les zadistes de Notre Dame des Landes. il risque d'y avoir quelques Rémi Fraisse si les jusqu'auboutistes campent sur leurs positions.

    ils devront assumer les conséquences de leurs actes

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    Orphee  (privé) -

    S'il avait été à sa place soir là il serait encore en vie tous ces gens qui ne bossent pas passent leur vie à manifester à droite et à gauche c'est tellement mieux de ne rien faire puisque d'autres subviennent à leurs besoins en l'occurrence nous.

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