Mort de Mireille Knoll : des milliers de personnes à la marche blanche contre l'antisémitisme à Paris

Mort de Mireille Knoll : des milliers de personnes à la marche blanche contre l'antisémitisme à Paris

Ici, de gauche à droite, le président de LR Laurent Wauquiez, le président du Crif Francis Kalifat, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb et la présidente LR d'Île-de-France Valérie Pécresse.

Orange avec AFP, publié le mercredi 28 mars 2018 à 22h44

Des milliers de personnes ont défilé mercredi soir 28 mars en mémoire de l'octogénaire juive tuée à Paris. Un moment de recueillement terni par des incidents liés à la venue de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

Mercredi 28 mars après-midi, Emmanuel Macron a assisté au cimetière parisien de Bagneux (Hauts-de-Seine) aux obsèques religieuses de Mireille Knoll, 85 ans, dont le meurtre vendredi dernier a ravivé les inquiétudes sur l'antisémitisme en France. Elle a été "assassinée parce qu'elle était juive", victime du même "obscurantisme barbare" que le colonel Arnaud Beltrame, tué le même jour par un jihadiste dans l'Aude, avait-il déclaré quelques heures avant, lors de l'hommage national rendu au gendarme aux Invalides.

Dans la soirée, ce sont des milliers de personnes qui ont rendu hommage à l'octogénaire à Paris. Guidées par des représentants de la société civile, roses blanches en main, suivis d'élus ceints de leurs écharpes tricolores, elles se sont ébranlées en silence vers 19h. Parti de la place de la Nation, le cortège a parcouru quelques centaines de mètres pour rallier l'immeuble de Mme Knoll, dans le XIe arrondissement. "La France contre l'antisémitisme", proclamait la banderole en tête de la marche.

D'autres rassemblements ont eu lieu à Marseille (environ 800 personnes), Strasbourg (700), Lyon (500), Nantes (200) et Bordeaux (200), selon des correspondants de l'AFP et la police.

De nombreuses personnalités

Dans le carré de tête de la marche parisienne, organisée par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), plusieurs ministres avaient pris place, notamment Gérard Collomb (Intérieur) et Jean-Michel Blanquer (Éducation).

Le délégué général de La République en Marche (LREM) Christophe Castaner, le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez, le président (LR) du Sénat Gérard Larcher ou la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo étaient aussi sur place, tout comme les chanteurs Enrico Macias et Patrick Bruel ou l'écrivain Marek Halter.

Le Pen et Mélenchon bousculés

Au début de la marche parisienne, l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, et de la présidente du Front national Marine Le Pen, dont les venues n'étaient pas souhaitées par le Crif au nom du rejet des "extrêmes", a suscité invectives et bousculades, au point que les deux responsables ont dû quitter le cortège.

Des représentants de LFI et du FN se sont fait copieusement siffler par plusieurs dizaines de jeunes. "Nous sommes à notre place", a réagi Mme Le Pen, regagnant plus tard la queue du cortège. M. Mélenchon, lui, a qualifié d'"épiphénomène" la réaction de "40 énergumènes".

Dans cette polémique, un des fils de la victime, Daniel Knoll, avait appelé "tout le monde sans exception" à participer à la marche, ajoutant : "Le Crif fait de la politique et moi, j'ouvre mon cœur". "Lorsqu'il s'agit de lutter contre l'obscurantisme ou contre l'antisémitisme ou contre le fanatisme, tout ce qui rassemble grandit", avait par ailleurs déclaré le Premier ministre Édouard Philippe dans l'après-midi à l'Assemblée nationale.

Le point sur l'enquête

Deux hommes, dont un voisin familier de Mme Knoll, ont été mis en examen et écroués mardi pour "homicide volontaire" à caractère antisémite après la découverte du corps de l'octogénaire, retrouvé lardé de onze coups de couteau et en partie carbonisé dans son modeste appartement.

Les policiers privilégient la piste d'un vol ayant ciblé vendredi la vieille dame rescapée de la rafle du Vel d'Hiv', avant de virer au meurtre pour des raisons qui restent à éclaircir. La justice a retenu le caractère antisémite notamment parce qu'un des deux mis en examen connaissait la religion de la victime.

Un an après la mort, dans le même XIe arrondissement parisien, de Sarah Halimi, défenestrée par un voisin aux cris de "Allah Akbar", ce nouveau meurtre d'une femme juive a scandalisé bien au-delà de la communauté juive française, la plus importante d'Europe.    

Statistiquement en baisse, le nombre d'actes antisémites reste élevé en France où la minorité juive, qui représente moins de 1% de la population, est la cible d'un tiers des faits de haine recensés. Les actions les plus violentes sont même orientées à la hausse.

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39 commentaires - Mort de Mireille Knoll : des milliers de personnes à la marche blanche contre l'antisémitisme à Paris
  • Et si cette dame avait été chrétienne, je me pose la question sur la marche blanche

  • la question est : le CRIF a-t-il des pouvoirs en France?

  • Le CRIF n'avait pas la légitimité pour exfiltrer Jean Luc MELANCHON et Marine LE PEN.

    Il a fait de cette marche un rassemblement communautaire. Ce n'est pas ce que voulait le fils de Mme KNOLL qui a été assassinée.

    Le CRIF montre son vrai visage.

  • Le CRIF n'avait pas la légitimité pour exfiltrer Marine LE PEN et Jean Luc MELANCHON.

    C'est le fils de la dame assassinée qui a appelé à une marche blanche.

  • J'aurais bienaimé participer à cette marche au coté ....... de Mélenchon et de l'extrême gauche, non pas pour Mélenchon et ses amis mais parce que rien ne justifie les critiques et les huées à leur encontre et rien ne permet de les associer dans les sifflets, à une extrême droite qui elle a toujours assumée sa position et ses idées notamment au siècle dernier. L'extrême droite française a un passé, un présent et une histoire qui plaident en ce sens, il suffit de voir d'où viennent et qui sont les membres du fn aujourd'hui pour en être persuadé, ce n'est pas le cas de LFI.

    FN qui a recueilli près de 11 millions de voix que vous ne pourrez jamais effacer, alors du calme, et Mélenchon et Marine LP avaient leur place dans ce cortège, ça s'appelle la démocratie