Mort d'un gendarme plongeur : EDF renvoyé devant la justice

Mort d'un gendarme plongeur : EDF renvoyé devant la justice

Des plongeurs de la gendarmerie à Issoire, le 4 juin 2013. (photo d'illustration)

Orange avec AFP, publié le samedi 14 avril 2018 à 10h56

Le maréchal des logis-chef Khaled Bentabet avait disparu en 2011 lors d'une plongée dans un canal exploité par le groupe.

EDF a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Digne-les-Bains pour homicide involontaire après la mort en 2011 d'un plongeur de la gendarmerie dans un canal que le groupe exploitait, a-t-on appris samedi 14 avril de sources concordantes.

Le 1er septembre 2011, deux gendarmes de la brigade mixte côtière et fluviale (BMCF) de Martigues avaient plongé dans le canal de la Durance, aux Mées (Alpes-de-Haute-Provence), à 12 mètres de profondeur, pour retrouver une arme de poing découverte deux jours plus tôt par un autre plongeur dans une mission d'entretien. Un responsable EDF présent sur les lieux avait autorisé la plongée. L'usine EDF d'Oraison, située en aval, était à l'arrêt mais le maréchal des logis-chef Khaled Bentabet avait disparu, sans doute aspiré dans le tunnel sous-marin long de 2,7 km et large d'une dizaine de mètres se trouvant à proximité immédiate des lieux de la plongée. Six jours plus tard, son corps avait été retrouvé de l'autre côté du tunnel, à plus de 3 km.

"Négligences multiples et graves"

L'enquête préliminaire ouverte après ce décès avait été classée sans suite, mais la veuve du militaire avait porté plainte en août 2014. Le 5 avril dernier, la juge d'instruction Véronique Guetat a décidé de renvoyer en correctionnelle le groupe EDF en tant que personne morale, suivant en cela les réquisitions du parquet, a-t-on appris de source judiciaire.

"Les investigations que nous avions réclamées au juge d'instruction et des experts judiciaires qui ont accompli un travail remarquable, ont fini par établir la vérité de négligences multiples et particulièrement graves", assure Emmanuel Molina, l'avocat marseillais de la famille de la victime. "Il appartient désormais à la justice d'apprécier les fautes imputées à EDF", ajoute-t-il.

EDF n'a pas souhaité faire de commentaires, indiquant par la voix de son avocat Christophe Bass qu'elle réservait ses observations pour la justice.

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