Mort d'Adama Traoré : des "indices graves et concordants" impliquant les gendarmes

Mort d'Adama Traoré : des "indices graves et concordants" impliquant les gendarmes
Assa Traore, la grande soeur d'Adama Traoré lors d'une marche en mémoire de son frère, le 22 juillet 2017 à Beaumont-sur-Oise.

Orange avec AFP, publié le samedi 21 juillet 2018 à 16h28

Deux ans après sa mort lors de son interpellation par les gendarmes du Val-d'Oise, la famille d'Adama Traoré organise samedi 21 juillet une marche pour dénoncer la "lenteur" de l'enquête.

"Il n'est pas normal que gendarmes n'aient jamais été entendus par des juges d'instruction", estime ainsi Me Yassine Bouzrou, l'avocat de la famille d'Adama Traoré, auprès de franceinfo.

"Mes clients n'ont malheureusement plus confiance en la justice", rapporte encore Me Yassine Bouzrou qui estime que l'enquête s'apparente de plus en plus à un "déni de justice" à ses yeux. 

"Le droit de savoir"

Il y a un an, une contre-expertise avait confirmé un décès par asphyxie, en lien avec plusieurs fragilités antérieures, notamment une anomalie cardiaque et une maladie inflammatoire. 

Selon l'avocat, il y a des  "indices graves et concordants laissant présumer que les gendarmes ont commis l'infraction de violences volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner."

L'affaire, dont la mémoire a été ravivée par la mort d'Aboubakar Fofana, tué le 3 juillet lors d'un contrôle de police à Nantes, est marquée depuis son origine par une défiance vis-à-vis des autorités, alimentée par l'annonce tardive du décès et la communication très contestée du procureur de Pontoise à l'époque.

La famille reproche également aux gendarmes de ne pas lui avoir porté secours après son malaise dans leur véhicule. Et de l'avoir laissé mourir "comme un chien, gisant sur le bitume brûlant de la gendarmerie", en attendant l'arrivée des secours. 

Dans une lettre ouverte publiée mercredi dans le Nouvel Observateur, Assa Traoré, la grande soeur de la victime, a interpellé le président Emmanuel Macron et la garde des Sceaux. "Je ne demande rien (...) que ce dont vous êtes les garants. La justice. Le droit de savoir ce qui est arrivé à mon frère. (...) Que tout soit mis en œuvre pour la manifestation de la vérité". 

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