Mort après un "pipi au lit" : la mère de Yanis remise en liberté

Mort après un "pipi au lit" : la mère de Yanis remise en liberté
Le corps du petit Yanis avait été retrouvé près du canal de la Lys, à Aire-sur-la-Lys, le 6 février 2017.

Orange avec AFP, publié le samedi 02 décembre 2017 à 10h34

La mère du petit Yanis (5 ans), mort le 6 février à Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais) après une punition pour "un pipi au lit", a été remise en liberté sous contrôle judiciaire en attendant son procès. Son compagnon mis en examen pour "crime et homicide volontaire sur mineur de moins de 15 ans" reste lui incarcéré.

Cette libération, survenue "il y a quelques jours", était "exigée par la loi, Madame Inglard ne pouvant plus être détenue provisoirement plus longtemps au regard de la qualification légale des faits qui lui sont reprochés", a expliqué vendredi à l'Écho de la Lys, le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer, Pascal Marconville.



Le petit Yanis est mort après une "sanction-punition" consistant à faire courir l'enfant dehors, en pleine nuit, parce qu'il avait uriné au lit. Yanis aurait ainsi été contraint de courir sur une distance de "plusieurs kilomètres le long du canal La Lys", où son corps avait été découvert vers 2h30. La mort de l'enfant serait imputable, comme l'avait révélé une première autopsie, à un traumatisme crânien dû à des violences volontaires.

"DES COUPS DE LAMPE-TORCHE"

Le beau-père, 30 ans, a été mis en examen pour "crime et homicide volontaire sur mineur de moins de 15 ans" et "violences volontaires sur mineur de moins de 15 ans par une personne ayant autorité". La mère, 23 ans, pour "abstention volontaire d'empêcher un crime ou un délit". Le premier encourt la réclusion criminelle à perpétuité, la seconde une peine de cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

Tous deux sans emploi, le couple était en couple depuis août 2015, sans autre enfant. Ils n'étaient pas connu des services sociaux de la ville. "Ce décès par traumatisme crânien serait consécutif à plusieurs impacts qui seraient des coups de lampe-torche" infligés par le beau-père. Sous la violence, la lampe-torche se serait cassée, avait expliqué le procureur quelques jours après les faits.

Le beau-père, décrit "comme un "survivaliste" (personne croyant en une fin proche de l'Humanité, ndlr) qui rêve de vivre en communauté avec ses quatre chiens", ne "se rend pas forcément compte de la gravité des faits", avait-il également souligné. Quant à la mère, "elle est dans un autre monde", avait-il poursuivi, précisant qu'elle avait expliqué lors de son audition que les corrections régulières qu'infligeaient le beau-père à l'enfant étaient "pour son bien et pour lui remettre les idées en place".

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