Morbihan : l'Île-aux-Moines perd son unique médecin, qui, non vaccinée, ne peut plus exercer

Morbihan : l'Île-aux-Moines perd son unique médecin, qui, non vaccinée, ne peut plus exercer
L'Île-aux-Moines
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publié le dimanche 19 septembre 2021 à 15h05

La mairie de l'île, qui avait passé un an à trouver un candidat-médecin pour remplacer l'ancien, qui partait à la retraite, s'inquiète de la situation. 

L'Île-aux-Moines de nouveau sans médecin. Arrivée il y a moins d'un an sur cette île du Morbihan, l'unique généraliste Christine Hochard a dû fermer son cabinet : n'étant pas vaccinée, elle n'a plus le droit d'exercer à cause de l'obligation vaccinale effective depuis le 15 septembre dernier pour les soignants. Inquiète de cette situation, la mairie est "en lien avec l'Agence régionale de santé pour trouver des mesures palliatives".



"C'est le coeur gros avec beaucoup d'émotion et de douleur que je suis obligée de fermer.

Je ne peux pas me faire vacciner, je ne suis pas anti-vaccin, je n'interdis à personne de se faire vacciner. Sauf que voilà, moi, je ne peux pas. C'est mon corps qui dit non", explique la médecin sur le répondeur de son cabinet.

"Je ne m'y attendait pas", a réagi le maire de l'île, Philippe Le Berigot, qui a assuré "ne faire aucune procès à Christine Hochard". Elle "m'a confié prendre le temps de la réflexion. J'espère que cette fermeture ne sera pas définitive. Depuis son arrivée, elle s'est très bien intégrée dans l'île et parmi la population", a déclaré l'élu à Ouest-France.

Cette situation inquiète l'édile. "La présence d'un médecin sur notre île est précieuse", a-t-il souligné sur BFMTV, en rappelant que l'Île-aux-Moines avait passé un an à trouver un candidat-médecin pour remplacer l'ancien, qui partait à la retraite. "On sait gérer les urgences. Mais pour le suivi médical au quotidien, le renouvellement des médications, ça devient compliqué pour les habitants", a-t-il poursuivi, évoquant "610 habitants en hiver" mais "sensiblement dix fois plus durant l'été auxquels s'ajoutent 2 à 3.000 personnes qui viennent nous voir à la journée".

Autre difficulté pour l'île, les quatre pompiers volontaires ne peuvent plus exercer non plus, n'étant pas vaccinés. "C'est vrai que pour notre île, c'est un concours de circonstances difficiles. Mais nous ne sommes pas à découvert. Le SDIS est en alerte supplémentaire sur l'Île-aux-Moines. Nous sommes en lien avec l'Agence régionale de santé pour trouver des mesures palliatives", a indiqué le maire à Ouest-France.



Interrogé sur le sujet sur BFMTV, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a estimé que l'obligation vaccinale n'avait pas entraîné de "rupture de continuité des soins, notamment d'urgence, de réanimation, dans des établissements hospitaliers". Il a mis en avant en revanche le problème de la désertification médicale, un "enjeu majeur".

"On n'a pas attendu le vaccin pour voir qu'il y avait un problème de présence médicale" partout en France, a ainsi souligné Gabriel Attal, mettant en avant "l'énorme travail fait par nos agences régionales de santé pour identifier les médecins, les convaincre de venir s'installer". "Je ne doute pas qu'on trouvera une solution pour l'Île-aux-Moines", a-t-il ajouté, expliquant comprendre "l'inquiétude et des angoisses" des habitants "qui vivent sur un territoire isolé".
 

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