Montreuil : des rumeurs de pédophilie au sein d'une école agitent la ville

Montreuil : des rumeurs de pédophilie au sein d'une école agitent la ville©Reuters

6Medias, publié le jeudi 07 juillet 2016 à 22h14

Des parents sont persuadés que leur enfant a été victime d'une agression sexuelle dans son école maternelle, et ont porté plainte. Ils accusent la mairie et l'établissement scolaire d'étouffer l'affaire.

La ville de Montreuil en Seine-Saint-Denis est dans la tourmente.

Prise dans une sombre histoire de pédophilie supposée au sein de l'école maternelle Jules-Ferry. Le 21 juin dernier, un enfant de 4 ans, scolarisé dans l'établissement, s'est plaint auprès de sa mère de douleurs aux fesses, après avoir passé l'après-midi au centre aéré de l'école. "Il nous a dit qu'il avait été seul dans une pièce et que trois enfants avaient rentré un jouet dans ses fesses. Il a dit qu'il a eu plusieurs pénétrations (...) et des claques sur les fesses", ont raconté les parents à Buzzfeed.

Selon le père de l'enfant, des animateurs auraient également été présents lors des faits. Quant à l'école, elle "chercherait à couvrir tout ça". Après un examen médical faisant état d'une fissure anale, n'ayant apparemment pas été causée par une constipation, la brigade des mineurs a été alertée. La mère de l'enfant présentant même des anciens slips de son fils "avec des traces blanches suspectes". Dans la foulée, les parents ont porté plainte contre X après avoir été auditionnés par la brigade.

La situation s'est envenimée lorsque plusieurs soutiens aux parents, dont l'association panafricaine UDC qui lutte contre l'infériorité raciale, s'en sont par la suite mêlés. Quelques jours après les faits rapportés, plusieurs militants ont accompagné la famille de l'enfant à l'école Jules-Ferry pour tenter d'obtenir des explications. La tension est vite montée sur place, nécessitant l'intervention de la police. La mairie a reçu le couple et leur fils le 24 juin, sans pour autant donner suite. "Depuis le début de cette affaire, ni la mairie ni l'école n'ont voulu nous soutenir", ont déclaré les parents dans une vidéo publiée par la page Facebook du mouvement UDC. "Le maire a même annoncé dans une réunion à laquelle nous n'étions pas conviés que les faits révélés par mon fils n'étaient pas avérés". La dite vidéo a été visionnée plus de 580 000 fois.

Cependant, selon les autorités, il n'y a pas eu agression. Examiné une seconde fois, plusieurs jours après les faits, un nouveau rapport médical faisait état d'une fissure anale pouvant avoir été causée par l'introduction d'un jouet dans le corps de l'enfant. Une enquête a été menée par la brigade de sûreté territoriale, puis transmise au parquet. Selon Buzzfeed, l'affaire aurait été classée sans suite par le procureur de Bobigny. Une source policière, sous couvert d'anonymat, a précisé par ailleurs que lors de son audition, l'enfant avait livré plusieurs noms, qui, après vérification, se sont révélés être des noms d'autres enfants. Ces derniers auraient en effet "rentré un jouet dans les fesses" de la victime. La source policière est formelle : "il n'a jamais évoqué d'adulte. En réalité il n'y a pas d'agresseur ». Des explications insuffisantes pour les soutiens à la famille de l'enfant, qui n'ont pas tardé à réagir. Dans un communiqué publié le 1er juillet, la FCPE affirme que le 1er juillet, « un groupe d'hommes a investi les locaux (...) , et proféré des accusations sans preuves - pédophilie, racisme - devant les élèves et les parents atterrés". La directrice de l'établissement Jules Ferry a porté plainte pour diffamation. Des effectifs policiers ont été placés à l'entrée de l'école, qui doit rester ouverte en juillet afin d'accueillir les enfants et les animations du centre aéré.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU