Mondial-2022 : François Hollande "n'irait pas" au Qatar s'il était encore président

Mondial-2022 : François Hollande "n'irait pas" au Qatar s'il était encore président
L'ancien président François Hollande à Paris le 22 septembre 2022.

publié le jeudi 22 septembre 2022 à 21h16

La Coupe du monde de football doit débuter dans deux mois au Qatar (20 novembre-18 décembre). L'ancien président  François Hollande a assuré jeudi 22 septembre que s'il était encore en fonction, il "n'irait pas", pointant du doigt "la situation d’aujourd’hui, sur notamment ce que représentent le chantier ou les entorses aux règles climatiques".

Interrogé sur la Coupe du monde de football qui doit débuter dans deux mois au Qatar (20 novembre-18 décembre), l'ancien président François Hollande s'est montré catégorique.

"Si j'étais le chef de l'Etat, je n'irais pas", a déclaré l'ex-président jeudi 22 septembre lors d'un rendez-vous consacré à l'avenir du sport à la maison de la Radio à Paris. 


L'ancien chef de l'Etat s'est expliqué sur sa position en pointant "la situation d’aujourd’hui, sur notamment ce que représentent le chantier ou les entorses aux règles climatiques". 

François Hollande a reconnu que sa position personnelle était en revanche "intenable" pour les joueurs. "Je ne peux pas demander à des joueurs de football (...) de ne pas aller à une compétition pour laquelle ils se sont préparés depuis des années", a-t-il souligné.

"Je pense que pour un joueur du PSG évoquer le Qatar n'est pas forcément simple, par rapport à son employeur", a ajouté l'ex-chef de l'Etat. "En revanche, un joueur ou un sportif de haut niveau, et il y en a beaucoup, ont pu agir pour lutter contre le racisme dont ils étaient eux-mêmes victimes. Ils ont pu sur certaines causes s'engager notamment sur la question climatique ou sur les droits de l'homme", a rappelé François Hollande.

"Peut-être certains s'exprimeront lorsqu'ils seront à la Coupe du monde, mais ce n'est pas sûr, car ce n'est pas le lieu où il est commode de donner son point de vue alors qu'on attend du joueur qu'il remplisse d'abord sa mission qui est de gagner sa compétition", a-t-il dit. "Quand Mbappé prend position sur un sujet, ça va considérablement mobiliser un certain nombre de jeunes (...) quand on voit le nombre de followers sur les réseaux sociaux", a-t-il ajouté.

Les députés du parti LFI (gauche radicale) ont fustigé jeudi 22 septembre la tenue du Mondial-2022 au Qatar, évoquant la "maltraitance des ouvriers immigrés" et les "matches climatisés à ciel ouvert", réclamant une "réponse politique forte des autorités françaises".

Appels au boycott du Mondial 2022

Les appels à ne pas suivre le Mondial au Qatar commencent à apparaître à deux mois du coup d'envoi de la compétition, dans le monde de la culture mais aussi du football. Eric Cantona a ainsi déclaré en janvier 2022 dans le Daily mail "Ce n'est qu'une question d'argent à mon avis. C'est seulement une histoire d'argent et la manière dont ils ont traité les gens qui construisent les stades, c'est une horreur. Et des milliers de gens sont morts. Et pourtant on fêtera cette Coupe du monde..."

Plus récemment l'acteur Vincent Lindon a affirmé qu'il boycotterai la compétition :"Je ne regarderai pas le Mondial. Je pense que c'est une histoire - et je pèse mes mots - répugnante." "Je crois qu'aujourd'hui, on se laisse dévorer par l'argent rouge de sang", a-t-il ajouté en août 2022 sur France Inter.

Face à cette fronde naissante, Amélie Oudéa-Castéra, ministre française des Sports prône "une action diplomatique résolue". "Tant sur le registre des droits humains que sur le terrain écologique où on encourage le Qatar à faire davantage sur sa transition écologique, notamment en vue de la COP 27. (...) Sur le plan des droits humains, notamment des droits des travailleurs, il faut poursuivre les progrès." a-t-elle déclaré le 15 septembre 2022 dans le Parisien.



 

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