Monaco : bras de fer au sujet des conditions d'entrée sur le territoire français

Monaco : bras de fer au sujet des conditions d'entrée sur le territoire français
A compter du lundi 15 février, les contrôles d'entrée sur le territoire monégasque vont être renforcés.

, publié le dimanche 14 février 2021 à 18h00

Le préfet des Alpes-Maritimes a assoupli, samedi 14 février, les conditions d'entrée liées au coronavirus pour les résidents monégasques qui viennent en France. Un assouplissement jugé "insuffisant" par Monaco qui, "en stricte réciprocité", durcit les règles d'entrée des Français sur son territoire. 

Le gouvernement princier de Monaco va durcir à partir de lundi les conditions d'entrée des Français sur son territoire, en exigeant de toute personne venant de France un test PCR négatif de moins de 72 heures et une attestation de non-contagiosité au Covid-19.


Sont exemptés de ces mesures les travailleurs frontaliers, les scolaires et étudiants, ainsi que les résidents des Alpes-Maritimes venant en Principauté pour moins de 24 heures.

"Toute personne venant en hôtel en Principauté, quelles que soient sa provenance et la durée du séjour, doit présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures ainsi que l'attestation de non contagiosité", a précisé la Principauté samedi dans un communiqué. 

Le gouvernement monégasque explique que ces mesures sont prises "en stricte réciprocité des dispositions françaises" et que des contrôles renforcés auront lieu à ses frontières.Ces mesures s'appliquaient déjà aux ressortissants étrangers depuis début février, mais la France bénéficiait d'une "exemption" que Monaco a choisi de lever,  explique un porte-parole du gouvernement monégasque. 

Un assouplissement "insuffisant"  

Il juge insuffisant l'assouplissement accordé samedi par le préfet des Alpes-Maritimes aux résidents monégasques souhaitant se rendre en France. Limités depuis le 1er février à un rayon de 30 km autour de Monaco, ceux-ci sont désormais exemptés de présenter un test PCR négatif "pour des déplacements inférieurs à 24 heures dans les limites du département des Alpes-Maritimes". 

Monaco juge trop court ce délai de 24 heures et estime que cette décision est en "contradiction" avec la convention franco-monégasque qui garantit la libre circulation des ressortissants des deux pays de part et d'autre de la frontière.

La principauté relève aussi que cette décision "pénalise les 9 000 ressortissants français résidant en Principauté qui n'ont qu'un accès limité à leur pays d'origine". 

"Cette mesure revient à ne pas considérer l'enclavement géographique de la Principauté dans le territoire français alors que lors de précédentes mesures de restrictions de déplacements prises par les autorités françaises au printemps derniers (déplacements limités à 100 km), cette réalité avait été prise en compte en considérant de fait que les résidents de la Principauté étaient assimilés à des résidents des Alpes-Maritimes", déplore la principauté, qui appelle à poursuivre le dialogue avec la France pour "faire lever cette limite de 24 heures". 

21 décès du Covid-19 

Actuellement, le gouvernement français impose, pour partir à l'étranger ou en venir, un test PCR négatif et en plus une attestation de "motif impérieux" pour les pays hors UE, à l'exception des travailleurs frontaliers.  

Un couvre-feu avancé (entre 19h et 6h) est instauré à Monaco depuis le 9 janvier, mais les restaurants y sont ouverts le midi (accès réservé aux résidents et aux salariés de la Principauté). 

Les autorités monégasques font état de 21 décès parmi ses résidents depuis le début de la crise sanitaire, pour un total de 1755 personnes touchées par le coronavirus. 

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