Mobilisation des routiers : vaste opération escargot entre Lille et la Belgique

Mobilisation des routiers : vaste opération escargot entre Lille et la Belgique
Une file de camions sur l'autoroute A16, près de Calais, le 5 septembre 2016 (illustration)

Orange avec AFP, publié le mardi 21 novembre 2017 à 08h00

Les chauffeurs routiers prennent le volant pour crier leur colère. Mardi matin, ils ont entamé une série d'actions, principalement dans le nord de l'Hexagone.

Ils protestent contre la mise en place d'une directive européenne sur les travailleurs détachés dont ils ont été exclus.

L'opération escargot a commencé au petit jour, mardi 21 novembre. Les camions se sont rassemblés vers 7h45 sur l'autoroute A22, aux abords de Lille, et ont commencé à ralentir le trafic en direction de la Belgique. Arrivés à la frontière, ils sont alors descendus de leurs poids-lourds et ont bloqué l'ancien poste frontière de Rekkem, comme l'indique le quotidien La Voix du Nord. Les images filmées par une journaliste sur place montrent des chauffeurs, vêtus de gilets fluo, qui ralentissent les automobilistes mais laissent malgré tout les véhicules légers passer.





UNE SEMAINE D'ACTIONS

Les routiers entament une semaine de mobilisation contre l'accord européen sur les travailleurs détachés. Les chauffeurs, exclus de cet accord, réclament d'y être intégrés. Pour obtenir un compromis au sein de l'Union européenne, la France a accepté en octobre d'exclure le transport routier de la directive. Pour ce secteur hyperconcurrentiel, l'ancien texte continuera de s'appliquer. Un situation jugée comme déloyale et inacceptable par les chauffeurs.



"Pourquoi est-ce qu'on serait les salariés exclus de l'Europe ?", lance ainsi le secrétaire général de l'Union fédérale route FGTE CFDT, Patrick Blaise. Interrogé par France Info, le syndicaliste se plaint d'être "les salariés low cost de l'Europe". "À partir du moment où vous venez travailler dans un pays comme la France, vous devez être rémunéré comme les Français. C'est comme ça que ça devrait être et pas autrement."

SOUFFRANCE

"On est en souffrance", confirme Stéphan Pouget, secrétaire général de la CDFT Transports dans le département de la Haute-Garonne, interrogé par BFMTV. "Quand les chauffeurs des pays de l'Est viennent sur notre territoire, il faudrait qu'ils puissent avoir les mêmes conditions de travail, parce que c'est de la concurrence déloyale. Pourquoi on ne s'occuperait pas du transport routier au niveau européen ? Je compte sur le président de la République pour faire quelque chose rapidement." D'autres actions, dont des blocages et opérations escargot, étaient en cours mardi matin ailleurs dans le pays. Une cinquantaine de routiers empêchaient l'accès du tunnel de Fréjus, en Savoie, entre la France et l'Italie.

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