Miss France : rémunération dérisoire, manque de nourriture, les reines de beauté se révoltent

Miss France : rémunération dérisoire, manque de nourriture, les reines de beauté se révoltent©Panoramic (photo d'illustration)

publié le samedi 22 janvier 2022 à 19h16

Le contrat de travail signé par les 29 candidates à l'élection de Miss France 2022, passe mal auprès de certaines. Pour cause, il ne couvrait que les deux derniers jours de répétitions et celui de la cérémonie, rapporte Le Parisien.

Un salaire de misère et l'estomac dans les talons. Voilà ce que reprochent des candidates à l'élection de Miss France 2022 au comité organisateur. Pour la première fois, les reines de beauté signaient un contrat de travail salué comme une avancée "sur le plan du droit du travail", par Roselyne Bachelot, ministre de la Culture. Comme le rapporte Le Parisien, samedi 22 janvier, le contrat couvrait les prétendantes au titre de Miss France pour les deux derniers jours de répétitions et celui de cérémonie diffusée le 11 décembre dernier sur TF1. Pourtant, du début des préparatifs au 11 décembre, les candidates auraient consacré plus de 250 heures à l'élection. Pour les trois journées couvertes par le contrat, les miss ont touché 84 euros par jour, soit 252 euros net en tout. "L'équivalent du Smic. C'est vraiment symbolique", souligne une candidate au Parisien.

"Comme la scène était aussi glissante qu'une patinoire, on était au moins couvertes en cas d'accident", ajoute une autre, maniant l'ironie. Le 11 décembre, les jeunes femmes étaient mobilisées de midi à 00h30. Ce jour-là, elles ont donc été payées moins de 7 euros de l'heure, alors que les annonceurs ont dû débourser 114 000 euros bruts pour voir diffuser leur spot de publicité d'une durée de 30 secondes, chiffre le quotidien. "Recevoir des cadeaux, ça ne remplace pas un salaire. D'ailleurs, on nous incite à en faire la promotion sur nos réseaux sociaux. On devient des égéries bénévoles. C'est de l'exploitation", estime Gwenegann Saillard, Miss Champagne-Ardenne 2020.


"Un Koh-Lanta bis"

Si le voyage préparatoire, certes idyllique, mais a priori pas de tout repos, ni la majorité des 15 jours de répétition, n'étaient pas couverts par le contrat de travail, certaines miss dénoncent un autre point noir : le manque de nourriture. Ainsi, certaines candidates ont perdu jusqu'à 6 kg. "On ne nous donnait clairement pas assez à manger. Parfois, on se faisait livrer des plats en plus. On avait l'impression de faire un Koh-Lanta bis", relate une miss.

Joint par Le Parisien, Alexia Laroche-Joubert, la productrice insiste sur le fait "Miss France est un concours". Aussi, le contrat est "déjà d'une grande avancée" selon celle qui n'envisage pas un allongement de sa durée. Sans quoi, "les motivations des candidates ne seraient plus les mêmes. Pour ça [l'argent], elles peuvent faire Les Marseillais ou Les Ch'tis."

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