Mis en cause par Adèle Haenel, le réalisateur Christophe Ruggia radié de la Société des réalisateurs de films

Mis en cause par Adèle Haenel, le réalisateur Christophe Ruggia radié de la Société des réalisateurs de films
Accusé d'"attouchements" et de "harcèlement sexuel", le réalisateur Christophe Ruggia (à gauche) est radié, lundi 4 novembre, de la Société des réalisateurs.

, publié le lundi 04 novembre 2019 à 20h00

Dans un communiqué publié lundi, la Société des réalisateurs exprime "son soutien total, son admiration et sa reconnaissance à la comédienne Adèle Haenel".

Après les révélations de Mediapart, la Société des réalisateurs de films (SRF) a annoncé, lundi 4 novembre, avoir décidé de radier de ses membres le réalisateur Christophe Ruggia. L'actrice Adèle Haenel accuse le cinéaste d'"attouchements" et de "harcèlement sexuel" lorsqu'elle avait entre 12 et 15 ans.

"Suite à l'enquête parue dans Médiapart, la SRF exprime son soutien total, son admiration et sa reconnaissance à la comédienne Adèle Haenel, qui a eu le courage de s'exprimer après tant d'années de silence.

Nous tenons à lui dire que nous la croyons et que nous en prenons acte immédiatement, sans nous dérober à notre propre responsabilité", a indiqué la SRF dans un communiqué.

Procédure de radiation




"Nous avons lancé ce jour la procédure de radiation de Christophe Ruggia de la SRF", ajoute cette association professionnelle de cinéastes, qui compte quelque 300 adhérents. Co-présidée par les réalisateurs Bertrand Bonello, Catherine Corsini et Aude Léa Rapin, la SRF compte aussi à son conseil d'administration Jacques Audiard, Pierre Salvadori ou Céline Sciamma. Christophe Ruggia, 54 ans, réalisateur des films "Le Gone du Chaâba" ou "Les Diables", en a été plusieurs fois le co-président ou vice-président entre 2003 et 2019.

Dans une longue enquête publiée dimanche par Mediapart, l'actrice française de 30 ans, récompensée par deux César dont celui de la meilleure actrice en 2015 pour "Les Combattants", accuse Christophe Ruggia, avec qui elle a tourné son premier film "Les Diables", d'"attouchements et de "harcèlement sexuel" alors qu'elle était âgée de 12 à 15 ans.

"Je suis choquée qu'il démente"

Le réalisateur a répondu par le biais de ses avocats qu'il "réfutait catégoriquement avoir exercé un harcèlement quelconque ou toute espèce d'attouchement sur cette jeune fille alors mineure". "Qu'il y ait une emprise involontaire de l'adulte, metteur en scène, c'est probable", mais "il nie catégoriquement les attouchements et le harcèlement sexuel", a réaffirmé à l'AFP lundi son avocat Jean-Pierre Versini.

"Je suis choquée qu'il démente", a déclaré Adèle Haenel lundi soir dans une émission en direct diffusée par le site de Mediapart. "Je suis encore plus choquée par le fait qu'il dise qu'il m'a 'découverte' (comme actrice NDLR), parce qu'en fait, il m'a surtout détruite", a-t-elle ajouté.

"C'est un cheminement ultra long"



"Ça fait 17 ans, c'est un cheminement ultra long", a-t-elle encore dit. "Le monde a changé. Et c'est aussi pour ça que je parle, parce que je dois le fait de pouvoir parler à toutes celles qui ont parlé dans le cadre des affaires #MeToo et qui m'ont fait changer de perspective sur ce que j'avais vécu. Et du coup je voudrais contribuer à ça".
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.