Millas : trois familles vont se constituer parties civiles mardi

Millas : trois familles vont se constituer parties civiles mardi
Le bus accidenté dans la collision avec un TER sur un passage à niveau à Millas, photographié le 15 décembre 2017.

Orange avec AFP, publié le samedi 23 décembre 2017 à 21h20

COLLISION DE MILLAS. Trois des six familles endeuillées après la collision la semaine dernière entre un car scolaire et un train à Millas vont se constituer parties civiles, mardi à Marseille.



"On va se constituer parties civiles, mardi matin à Marseille, pour avoir accès au dossier et éventuellement demander des investigations complémentaires", a déclaré Me Jehanne Collard, l'avocate des familles de trois victimes, neuf jours après la collision d'un bus scolaire et d'un TER à Millas (Pyrénées-Orientales).

"Par exemple, si c'est vraiment la conductrice du car (qui est responsable du drame NDLR) - je mets ça au conditionnel - et qu'elle était vraiment sous l'empire d'antidépresseurs, d'anxiolytiques, je pense que le patron de sa boîte porte une responsabilité. Je pense qu'il faut creuser ça", a dit l'avocate. Il faut "que les responsabilités soient établies et que (les familles) sachent pourquoi leur enfant est mort."

La conductrice, blessée dans l'accident et placée sous contrôle judiciaire, soutient que la barrière était levée quand elle s'est engagée sur les voies. Mais des "constatations matérielles" et des témoignages contredisent cette version.

SENTIMENT D'ABANDON
Les trois familles ont "le sentiment d'avoir été abandonnées" lors du drame, a ajouté Me Collard. Car "il n'y a pas eu de prise en charge. On les a laissées des heures entières dans une salle sans leur expliquer quoi que ce soit".

Des parents de victimes dénoncent la mauvaise gestion de l'accident par les autorités, rapporte France info samedi 23 décembre. Ils pointent notamment une succession de maladresses et un manque d'humanité dans leur prise en charge.

C'est après plusieurs heures d'angoisse à Millas puis à l'hôpital de Perpignan, pendant lesquelles les proches des enfants blessés ont été appelés au fur et à mesure jusqu'à 1 heure du matin, que les quatre familles restantes ont fini par comprendre ce qui était arrivé à leurs enfants.

LETTRE A BRIGITTE MACRON
Puis, "l'annonce a été brutale, sans compassion", dénonce la mère d'une victime, qui apprend alors que son fils est mort et se trouve à Montpellier. "Pas de soutien psychologique, personne ne nous suit, personne ne nous propose de nous amener sur Montpellier à n'importe quelle heure que ce soit. C'est inhumain, c'est inadmissible", témoigne-t-elle.

Les familles veulent écrire à Brigitte Macron et à la déléguée interministérielle à l'aide aux victimes pour "faire des propositions concrètes" afin que dans l'avenir "les choses ne se passent pas de cette manière-là", conclut l'avocate.

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