Militaires tués au Mali : le sénateur Jean-Marie Bockel rend hommage à son fils disparu

Militaires tués au Mali : le sénateur Jean-Marie Bockel rend hommage à son fils disparu
Florence Parly et le général François Lecointre, mardi 26 novembre, à Paris

, publié le mercredi 27 novembre 2019 à 08h20

Le lieutenant Pierre Bockel, fils du sénateur Jean-Marie Bockel, figure parmi les treize militaires tués dans l'accident de deux hélicoptères lundi 25 novembre au Mali. Son père se dit "infiniment triste et fier" de son enfant, décédé à 28 ans.

"Un soldat engagé passionné par son métier". Le sénateur du Haut-Rhin Jean-Marie Bockel s'est exprimé sur son fils Pierre, tué dans la collision de deux hélicoptères de l'armée française au Mali, insistant sur sa fierté envers ce "fils merveilleux". "Comme les 12 autres familles, nous sommes infiniment tristes, et fiers de notre enfant", a témoigné l'ancien secrétaire d'Etat chargé de la Défense (2008-2009) à l'antenne de BFM-TV, dans la soirée de mardi 26 novembre.

"Notre peine est immense. Notre fils était un des deux pilotes, celui du Cougar, une machine qu'il connaissait bien, c'était la 4e fois qu'il venait en 'opex' (en opération extérieure, ndlr) au Mali, et si j'accepte de vous parler c'est aussi un peu pour lui rendre hommage, parce que je n'ai pas le coeur à cela". "C'était un garçon, un fils merveilleux, il était profondément doux, pacifique, attentionné, et passionné par son métier, soldat engagé et sachant pourquoi il était là", a commenté Jean-Marie Bockel au sujet de son fils, âgé de 28 ans, "passionné d'aviation" et qui avait passé son brevet de pilote "à 14-15 ans". "Il ne voulait pas exercer les grands commandements. Il voulait piloter", a t-il expliqué.

Quand Bockel tirait le signal d'alerte sur les "hélicoptères qui s'usent au Mali"

"C'était quelqu'un qui était passé par le scoutisme, avec des engagements très tôt, et depuis quelques temps il avait une fiancée, qui attend d'ailleurs un bébé de lui", a poursuivi le sénateur centriste sur BFMTV. "C'était un garçon merveilleux, adoré de son frère, de ses soeurs, qui aimait profondément sa fiancée... Nous sommes dévastés, je ne peux pas dire autre chose". "Il forçait notre admiration. Il savait ce qu'il voulait, il était à son affaire, heureux de faire ce qu'il faisait, et quand il nous parlait de ses 'opex' il avait plutôt tendance à nous rassurer, à minimiser les risques, évidemment, comme le fait un fils envers ses parents", a encore raconté Jean-Marie Bockel, qui fut également maire de Mulhouse durant plus de 20 ans.

BFM-TV a par ailleurs rediffusé une intervention de Jean-Marie Bockel, qui s'alarmait en 2017 de la dégradation de la situation des forces armées au Sahel. Il mentionnait ainsi "des problèmes d'hélicoptères qui s'usent au Mali et qui sont en nombre insuffisant en état de fonctionner". "La Défense a payé plus que le prix", estimait-il à l'époque.

Treize militaires français de la force Barkhane ont péri lundi soir au Mali dans la collision de deux hélicoptères, un Tigre et un Cougar, lors d'une opération de combat dans la région du Liptako, aux confins du Mali, Niger et Burkina Faso. Un hommage aux Invalides leur sera rendu lundi 2 décembre.

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