Militaires tués au Mali : l'hommage ému de Florence Parly et du chef d'état-major des armées

Militaires tués au Mali : l'hommage ému de Florence Parly et du chef d'état-major des armées
Florence Parly et le général François Lecointre, mardi 26 novembre, à Paris

, publié le mardi 26 novembre 2019 à 15h20

La ministre des Armées et le général François Lecointre ont pris la parole au cours d'un point-presse pendant lequel ils ont fourni des détails sur l'opération militaire qui a coûté la vie à 13 soldats d'élite de l'armée française, au Mali.

"Nous nous sentons charges d'âme". Florence Parly a commenté ce mardi 26 novembre la mort des treize militaires tués au Mali dans la collision de leurs hélicoptères, pendant une opération de combat menée dans la soirée de lundi 25 novembre. "Chacun se sent comptable de la vie de chacun de ses hommes" a ajouté le général Lecointre, qui a fourni avec la ministre des précisions sur les conditions tactiques "exigeantes" dans lesquelles a eu lieu l'accident.


"Depuis plusieurs jours, des commandos parachutistes de la force Barkhane traquaient des terroristes", a résumé Florence Parly. Selon le général Lecointre, ces jihadistes étaient présents dans la zone où agit le groupe Etat islamique au Grand Sahara.

Nuit de "niveau 5", hélicoptères en "dispositif serré"

"Hier, ils les repèrent et engagent le combat au sol. Il fait nuit noire. Les commandos au sol demandent alors un appui aérien. Des hélicoptères et un Mirage 2000 viennent les renforcer", dans "une nuit sans lune dont l'obscurité est totale".

Le chef d'état-major a indiqué que l'hélicoptère Cougar impliqué dans l'accident comportait une équipe d'extraction immédiate du commando, avant de percuter l'hélicoptère Tigre qui volait a proximité. Le commando au sol entend une explosion "vers 18h38", et le crash est confirmé par le deuxième hélicoptère Tigre présent sur zone pour repérer le "pick-up qui s'enfuie vers le nord". Le responsable militaire a insisté sur la nuit totale, "de niveau 5" (sur 5, ndlr), qui régnait.



Pour expliquer comment les deux appareils ont pu entrer en collision, le Général a insisté sur la situation de "combat" dans laquelle étaient impliquées les forces mobilisées. Les hélicoptères effectuaient des manoeuvres à très basse altitude "pour détecter les ennemis au sol, sans dispositif anti-collision", car les hélicoptères "fonctionnent en dispositif serré dans des normes qui ne sont pas celles de l'aviation civile". Le chef d'état-major a indiqué qu'une opération de sécurisation de la zone a été ensuite menée pour "effectuer les fouilles", récupérer les dépouilles des victimes ainsi que les deux boites noires.

Le général Lecointre a adressé ses pensées aux proches de militaires, ainsi qu'à leurs chefs. "Chacun d'eux se sent forcément comptable de la vie de chacun de ses hommes", a t-il ajouté, visiblement ému. "Ce qui nous importe, c'est ce que ressentent les familles, les proches, les frères d'armes. Ce que je ressens, c'est que nous nous sentons charges d'âme", a pour sa part commenté Florence Parly. La ministre a évoqué le sort de "treize militaires exceptionnels", dont elle a égrainé les noms dans une grande émotion. "Treize militaires exceptionnels, treize héros morts pour la France".

Un hommage aux Invalides sera rendu "dans les prochains jours", a t-elle enfin précisé.

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