Migrants refoulés par la France: Salvini invite Castaner à Rome

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Des policiers italiens patrouillent le long de la frontière avec la France, près de la ville de Clavière, le 20 octobre 2018
Des policiers italiens patrouillent le long de la frontière avec la France, près de la ville de Clavière, le 20 octobre 2018
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© AFP, MARCO BERTORELLO

AFP, publié le dimanche 21 octobre 2018 à 15h38

Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, a invité dimanche son homologue français, Christophe Castaner, pour améliorer la coopération à la frontière en matière de migrants, le ministre français envisageant pour sa part une telle rencontre "très prochainement".

Matteo Salvini a cependant maintenu les patrouilles contre les refoulements de migrants depuis la France.

"L'Italie n'est plus lâche et résignée à être le camp de réfugiés de l'Europe, aux ordres de Bruxelles et de Berlin. J'attends mon collègue ministre de l'Intérieur Castaner à Rome, mais en attendant, nous continuerons à patrouiller aux frontières", a annoncé M. Salvini sur les réseaux sociaux.

Samedi soir, la France avait proposé une rencontre "dans les meilleurs délais" mais limitée au niveau préfectoral "pour améliorer la coopération" à la frontière.

Au cours de la semaine, M. Salvini s'est emporté à plusieurs reprises contre des opérations de refoulement de migrants au cours desquelles la gendarmerie ou la police françaises ont pénétré en territoire italien dans le village alpin de Clavière.

Les autorités françaises ont évoqué une "erreur" de gendarmes connaissant mal la zone pour le premier incident et une "pratique agréée" pour le second, où les Français n'ont pénétré que de quelques mètres en Italie.

"Il n'y a pas d'accord bilatéral Italie-France, écrit et officiel, qui permette ce type d'opération", a répliqué samedi M. Salvini.

Depuis samedi, des policiers italiens montent la garde à la frontière française à Clavière, l'un des différents points, sur la côte méditerranéenne ou en montagne, où des milliers de migrants cherchent chaque année à passer en France.

Beaucoup sont interceptés et reconduits à la frontière, souvent à plusieurs reprises. Depuis janvier, il y a eu plus de 45.000 refoulements de ce type, selon le ministère français de l'Intérieur.

Il s'agit d'une procédure distincte du renvoi en Italie par la France de centaines de demandeurs d'asile chaque année, en application des accords de Dublin, qui obligent à déposer sa demande d'asile dans le premier pays européen traversé.

Dans un entretien à l'hebdomadaire le Journal du Dimanche, M. Castaner, qui a pris ses fonctions mardi, a promis de "ne pas ajouter de la polémique à la polémique", mais a revendiqué une "politique ferme contre l'immigration irrégulière", assurant que la France n'avait "pas vocation à être une +instance d'appel+ des déboutés de l'Allemagne ou de l'Italie".

"Je rencontrerai très prochainement M. Salvini, comme l'ensemble de mes collègues en charge du ministère de l'Intérieur", a déclaré M. Castaner dimanche lors d'un déplacement près de Paris, sans préciser si cette rencontre aura lieu à Rome.

"Je pense que la solution se trouve dans la coopération, jamais dans l'opposition, et ce sera plutôt une politique de main tendue que je souhaite porter avec M. Salvini pour qu'on trouve ensemble des solutions", a-t-il ajouté.

Les relations entre Rome et Paris se sont tendues ces derniers mois. L'Italie accuse ses partenaires européens, à commencer par la France, de l'avoir laissée seule gérer la crise migratoire et les quelque 700.000 migrants arrivés sur ses côtes depuis 2013.

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