Migrants à Calais : Yann Moix maintient ses accusations contre les CRS

Migrants à Calais : Yann Moix maintient ses accusations contre les CRS
Le chroniqueur de "On n'est pas couché", Yann Moix, le 21 novembre 2013.

Orange avec AFP, publié le mardi 09 janvier 2018 à 17h40

Yann Moix a accusé samedi dernier des CRS de maltraiter les migrants à Calais (Pas-de-Calais). Dans une interview accordée à France 3, le chroniqueur de l'émission "On n'est pas couché" sur France 2 maintient ses propos, assurant avoir vu "des choses d'une violence incroyable".

L'écrivain avait interpellé le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur l'utilisation du verbe "enkyster".

"Le verbe enkyster, qui rappelle donc qu'il y a un kyste, ressemble étonnamment, précisément à la façon dont j'ai vu l'honneur de la République se dérouler à Calais", débute-t-il.

"J'y passe régulièrement des jours et des nuits depuis quelques mois. Et ce que je vois de l'honneur de la République, Monsieur Griveaux, ce sont des CRS qui gazent les couvertures de jeunes migrants de 18 à 25 ans, qui gazent l'eau potable, qui tabassent des jeunes migrants qui sont soignés gratuitement par l'État parce qu'ils ont été frappés par la police la veille".



Benjamin Griveaux avait demandé à Yann Moix de saisir la justice, s'il avait des preuves de ces "faits extrêmement graves s'ils sont avérés". La préfecture de police du Pas-de-Calais avait également répondu aux accusations, affirmant dans une série de tweets que "l'État assure une prise en charge de 400 migrants dans des conditions dignes, que les services de l'État renseignent quotidiennement les migrants sur les dispositifs de mise à l'abri et sur l'ensemble des droits dont ils disposent".



"Non, les CRS ne gazent pas les couvertures. Non, les CRS ne contaminent pas l'eau potable. Non, les CRS ne 'tabassent' pas les jeunes migrants", ajoute la préfecture. "Aucun des faits évoqués ont fait l'objet de signalements aux services de l'État et de la justice".

"TOUT CE QUE J'AI DIT, JE L'AI VU. ET JE L'AI FILMÉ"

Trois jours après la diffusion de l'émission, Yann Moix persiste et signe dans une interview publiée par France 3 : "Tout ce que j'ai dit, je l'ai vu. Et je l'ai filmé", réaffirme-t-il. "Je n'ai comme argument que ce que j'ai vu. Je ne me serais jamais permis de parler de quelque chose comme ça sans l'avoir vu et vécu. J'ai vu des CRS gazer des couvertures, gazer de l'eau potable, tabasser des migrants. J'ai vu des choses d'une violence incroyable. Je les ai filmées".



"Vous vous rendez compte de la gravité que ce serait pour moi dans une émission vue par plus d'1,5 millions de téléspectateurs de rapporter des 'on dit' ou de mentir. Ce serait gravissime", lance-t-il. "Vous avez remarqué qu'ils ont publié une quinzaine de tweets pour démentir. Quand vous avez besoin de répondre en 15 fois, c'est étrange. Une fois suffit".

Et le chroniqueur d'ajouter : "Je ne dis pas qu'il n'y a pas de choses positives qui se passent à Calais ou que l'État ne fait rien. Ni que les migrants sont des saints. Quand des douches ont été installées, j'ai applaudi. Je ne mets pas non plus tous les CRS dans le même panier. Je dis simplement que ce que j'ai dans la boîte, je n'ai pas pu l'inventer". "Si ce que je dis est faux, qu'ils m'attaquent en justice. Mais quelque chose me dit qu'ils ne le feront pas", déclare-t-il.

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