Meurtre d'Alexia : Jonathann Daval condamné à 25 ans de prison

Meurtre d'Alexia : Jonathann Daval condamné à 25 ans de prison
Jonathann Daval le 2 novembre 2017.

, publié le samedi 21 novembre 2020 à 17h36

La Cour d'assises de la Haute-Saône a rendu ce verdict au terme d'un procès médiatisé. Son avocate a annoncé qu'il ne ferait pas appel de sa condamnation.


Le meurtre de sa femme Alexia en octobre 2017 aura abouti à la condamnation de Jonathann Daval, ce samedi, à une peine de 25 ans de réclusion criminelle.

La perpétuité avait été requise par l'avocat général.

A l'énoncé du verdict, rendu après environ deux heures et demi de délibéré, l'accusé est resté calme et impassible.

"Pardon, pardon", a imploré une dernière fois Jonathann Daval devant la cour d'assises de la Haute-Saône alors qu'en fin de matinée.

L'accusé, invité par le président de la cour Mathhieu Husson à s'exprimer une dernière fois, a marqué un bref temps d'arrêt avant de prononcer ces seuls mots en regardant les parents de sa victime, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot. Puis la cour s'est retirée pour délibérer, peu avant 14h30.

Dans son réquisitoire, l'avocat général Emmanuel Dupic avait pointé un "crime conjugal (...) presque parfait", perpétré par l'accusé au motif qu'Alexia voulait le quitter, ses défenseurs mettant en garde contre une "boucherie judiciaire".

Emmanuel Dupic en a appelé au "courage" des jurés. "Du fait de la médiatisation de cette affaire, cette décision sera regardée", a-t-il relevé, avant de requérir "la réclusion criminelle à perpétuité", sans peine de sûreté, à l'encontre de Jonathann Daval, resté impassible à l'énoncé de ces réquisitions.


"Je crois (...) qu'il l'a tuée parce qu'Alexia voulait le quitter, tout simplement", a soutenu Emmanuel Dupic, une thèse que l'accusé avait récusée. Le soir du drame, "elle lui a signifié (...) qu'elle allait partir et ça, ça n'est pas possible dans la construction de Jonathann Daval".

"La vérité n'est pas entendable: c'est épouvantable de tuer une femme parce que vous ne voulez pas qu'elle vous quitte", a encore fustigé l'avocat général, selon lequel Jonathann Daval a réalisé un "crime presque parfait".

Pour la défense, Me Randall Schwrdorffer a ensuite insisté sur le fait que le meurtre n'était "pas prémédité, pas réfléchi, c'est ce qu'on appelle 'un coup de sang'", a-t-il lancé d'une voix de stentor.

"La perpétuité c'est une peine qu'on prononce pour les criminels les plus dangereux de la société: Francis Heaulmes, tueur d'enfants, Michel Fourniret, Marc Dutroux, Guy Georges... Quel est le point commun avec Jonathann Daval ? Aucun. Si, la médiatisation", a poursuivi Me Schwerdorffer, qui a arpenté la cour d'assises devant les jurés.

Réactions de la famille d'Alexia

"C'est une très bonne décision, exactement ce que j'espérais, à la hauteur de notre souffrance, ça va nous permettre de tourner une page", a réagi Isabelle Fouillot, la mère d'Alexia, à l'issue du délibéré.

"Si elle nous regarde là-haut, c'était juste pour elle ce combat, j'espère qu'aucun d'entre vous, aucun Français ne l'oubliera", a-t-elle ajouté, la voix étranglée par l'émotion.

"C'était trois ans de combat et nous sommes arrivés à la fin du combat, ça va nous permettre de tourner une page et de passer à autre chose, on va essayer de se reconstruire", a poursuivi Isabelle Fouillot.

Ça a été "trois ans de calvaire, trois ans de combat qui ont été très durs, et on est content d'arriver au bout, la justice a bien fait son travail, a compris notre douleur et a compris le massacre d'Alexia", a poursuivi son époux, Jean-Pierre.

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