Meurtre d'Alexia Daval: son époux Jonathann livre des aveux complets

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Les parents d'Alexia, Jean-Pierre et Isabelle Fouillot (g), arrivent à la reconstitution du meurtre de leur fille, le 17 juin 2019 près des Bois d'Esmoulins
Les parents d'Alexia, Jean-Pierre et Isabelle Fouillot (g), arrivent à la reconstitution du meurtre de leur fille, le 17 juin 2019 près des Bois d'Esmoulins
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© AFP, SEBASTIEN BOZON

AFP, publié le lundi 17 juin 2019 à 18h18

Jonathann Daval a livré lundi des aveux complets lors d'une reconstitution judiciaire de sept heures sous tension en Haute-Saône, reconnaissant avoir procédé lui-même "à la crémation partielle du corps" de sa femme Alexia et lui avoir porté des coups mortels d'une extrême violence.

Ses aveux ont levé les dernières zones d'ombre qui planaient sur ce dossier et définitivement écarté la thèse d'une complicité, avancée un temps par certains membres de la partie civile.

Une nouvelle fois dans cette affaire, l'intervention de la mère et du père d'Alexia, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, présents -fait exceptionnel- lors de la reconstitution, aura été décisive, conduisant l'informaticien de 35 ans à reconnaître les faits.

"Face à la demande pressante de ses beaux-parents, qui l'ont imploré de dire toute la vérité, M. Daval a finalement admis qu'il avait non seulement donné la mort mais également procédé à la crémation partielle du corps", a déclaré le procureur de la République à Besançon, Etienne Manteaux, devant la presse.

- "Soulagé" -

"Soulagé", il a reconnu aussi la violence des coups qu'il lui avait portés lors d'une dispute, qu'il minimisait jusque-là.

La dispute, a expliqué Etienne Manteaux, a dégénéré dans l'escalier du pavillon que le couple habitait à Gray-la-Ville, où la reconstitution a débuté à 05H00 lundi, afin de reproduire les conditions nocturnes du meurtre.

Après une empoignade, "il aurait frappé le visage de sa femme contre un mur en béton dans la descente d'escalier et aurait ensuite, parce qu'elle criait (...) asséné entre 5 et 10 coups de poing au niveau du visage", a détaillé le procureur.

Puis, a-t-il dit, Jonathann Daval "a remimé le geste qu'il aurait accompli ce soir-là, en l'étranglant pendant environ 4 minutes de façon continue".

Un récit et des faits "parfaitement cohérents avec l'ensemble des lésions constatées au niveau du thorax et de la face intérieure du corps et au niveau du visage", selon les médecins légistes également présents, a ajouté le procureur.

"On est plus que satisfaits de ce qui vient de se passer", a commenté devant la presse le principal défenseur de Jonathann Daval, Me Randall Schwerdorffer.

Il n'était "pas dans (son) intérêt de soutenir des mensonges", a-t-il poursuivi, jugeant que son client avait fait preuve de "courage". La présence des parents d'Alexia, notamment, a "permis de (le) déverrouiller", a estimé le conseil.

A l'origine du conflit ce soir-là, "un rapport sexuel" réclamé par Alexia, qui "prenait à cette époque un traitement de stimulation de la fertilité", mais refusé par son mari, selon M. Manteaux.

- "Rage narcissique" -

Alors que le parquet estime qu'il y a débat sur la qualification à donner aux faits -volonté de tuer où violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, ces derniers faits étant moins sévèrement réprimés-, Me Schwerdorffer a formellement écarté toute intention homicide chez son client.

Il a été pris d'une "rage narcissique, un mobile extrêmement instantané sans aucune préméditation", capable de provoquer "un déferlement de violences", a-t-il affirmé, esquissant la stratégie de la défense lors du futur procès aux assises.

Selon M. Manteaux, il pourrait se tenir "plutôt au deuxième semestre 2020" après la clôture du dossier fin 2019, même si la juge d'instruction s'interroge sur "la nécessité d'une nouvelle expertise psychiatrique".

Entamée dans le pavillon, la reconstitution s'est poursuivie sous un grand soleil en milieu de matinée dans une zone forestière, le Bois d'Esmoulins, où le corps d'Alexia avait été découvert, partiellement brûlé, le 28 octobre 2017.

"Nous voulions la vérité, nous l'avons eue", a réagi, émue mais digne, Isabelle Fouillot. La mère d'Alexia avait déjà arraché à Jonathann, dont elle était très proche, ses seconds aveux en décembre après une période pendant laquelle l'homme avait invoqué un "complot familial", accusant son beau-frère Grégory Gay d'être l'auteur du meurtre.

"Alexia va peut-être pouvoir reposer en paix maintenant", a-t-elle ajouté.

Comme on lui demandait si elle était prête à pardonner, elle a enchaîné: "C'est tellement dur pour l'instant, on l'aimait. Le pardon, ça viendra un peu plus tard. Chaque chose en son temps..."

Au cours de la reconstitution, à laquelle assistaient également la soeur d'Alexia et son beau-frère, Jonathann Daval "a demandé pardon tout en disant qu'il était impardonnable", a rapporté M. Manteaux.

"Il a fallu le savoir-faire d'Isabelle (Fouillot), accompagné par le savoir-faire de la juge, pour que la situation se débloque. La justice, quelquefois, c'est de la psychologie", a résumé Me Gilles-Jean Portejoie, l'un des avocats des parties civiles.

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