Métro de Paris : des "bancs anti-SDF" créent la polémique

Métro de Paris : des "bancs anti-SDF" créent la polémique
La station Stalingrad (ligne 2 et 5) est située dans le nord de Paris (photo d'illustration).

Orange avec AFP, publié le mardi 21 mars 2017 à 09h55

Des pans inclinés ont été installés, il y a quelques jours, sur les rebords en faïence qui courent le long des quais de la ligne 5 du métro à la station Stalingrad (XIXe arrondissement de Paris). Un mobilier inédit dénoncé sur les réseaux sociaux.



Ces blocs, de forme inclinée, empêchent les sans-abri de s'allonger sur les "bancs" des quais du métro. La RATP plaide, elle, non coupable : ces nouvelles assises, présentées comme "expérimentales", "offrent une possibilité de s'asseoir à tous les voyageurs et facilitent le nettoyage", a-t-elle assuré au quotidien Libération qui a révélé l'information. L'entreprise a cependant tenu à préciser que "le métro ne peut avoir vocation à devenir un lieu de vie et d'accueil des personnes sans domicile fixe, car rien n'est pensé comme tel".



La RATP a également rappelé que "le métro ne dispose pas de moyens d'accueil, ni d'installations d'hygiène". Selon la régie, "l'installation prolongée dans le métro entraîne une désocialisation rapide et un risque accru d'accident pour la personne concernée". "À Stalingrad, nous devons gérer un phénomène inquiétant de présence en continu de personnes sans domicile fixe et de toxicomanes", a cependant reconnu auprès du Parisien un porte-parole de l'entreprise.


Ce type de dispositifs (accoudoirs centraux sur les bancs, pics au sols, plans inclinés...) n'est pas nouveau. "Je ne jette pas la pierre à la RATP. Ces aménagements se multiplient partout en ville avec le développement de la misère", a déclaré au Parisien Cécile Rocca, coordinatrice du "Collectif des morts de la rue". "Il est malgré tout utile que les usagers montrent qu'ils sont choqués. Elle incitera peut-être la RATP à mettre fin à l'expérimentation". "On ne sait plus quoi faire pour les chasser. C'est pathétique", a déclaré au Parisien une passagère de la ligne.

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