Météo : la France a-t-elle vraiment connu un été "pourri" ?

Météo : la France a-t-elle vraiment connu un été "pourri" ?
Ramatuelle, dans le Var, le 24 août 2021.

publié le mercredi 01 septembre 2021 à 08h25

Si l'été 2021 est le plus humide et le moins chaud qu'a connu l'Hexagone depuis 2014, il "s'inscrit globalement à la hausse dans le contexte du réchauffement climatique", souligne Météo France.

C'est un constat partagé par un bon nombre de Français ayant passé leur été en France, excepté sur le littoral méditerranéen et en Corse : la météo a été bien morose. Un sentiment confirmé par Météo France.

Selon le bilan climatique de l'été (juin-juillet-août) présenté mardi 31 août par le prévisionniste, l'été 2021 est le plus humide et le moins chaud que la France a connu depuis 2014. 



L'été 2021 a enregistré une pluviométrie exceptionnelle, mois d'août excepté, avec +23% de précipitations par rapport à la moyenne (+54% en juin, +49% en juillet mais -40% en août), et jusqu'à 40 % de plus dans une très large moitié nord. Côté ensoleillement, juin a été plus ou moins conforme, mais juillet a connu un "déficit plutôt important", à peine 80% à 90% de l'ensoleillement moyen, et août autour de 90%. Les déficits ont été très marqués en juillet sur le Centre-Est et le Sud-Ouest, en août sur le Nord-Est. Le niveau des températures maximales n'a dépassé la moyenne de référence (1981-2010) que de 0,2°C, autour de 25°C, contre 28°C les étés précédents. 

C'est au célèbre anticyclone des Açores que l'Hexagone doit ces piètres conditions estivales. Alors qu'il s'étire classiquement jusqu'à la France en cette saison, il s'est replié fin juin sur l'Atlantique, laissant le pays exposé au phénomène de "goutte froide", c'est à dire une masse d'air froid en altitude dont l'interaction avec l'air plus chaud en surface engendre pluie et baisse de température. La situation est revenue à la normale à partir de mi-août.

Malgré ces phénomènes conjoncturels, l'été 2021 "s'inscrit globalement à la hausse dans le contexte du réchauffement climatique", a rappelé le climatologue de Météo France Matthieu Sorel, avec une température température moyenne supérieure de 0,5°C à la moyenne de référence (1981-2010). Si juillet et août ont été en dessous, de -0,1°C et -0,4°C respectivement, juin a en effet connu un écart de +2°C par rapport à la moyenne.

Cette longue séquence d'été chauds et secs a renforcé l'impression d'été "pourri", a souligné Matthieu Sorel. Mais "c'est plutôt un répit par rapport à ce que nous devrions connaître dans les années à venir, parmi ces étés chauds et secs attendus", a-t-il prévenu.
 

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