France

Menaces de mort en série contre les maires : les agressions ont augmenté de 15% en un an

© ANDBZ/ABACA

Les insultes, menaces physiques et de mort à l’encontre des maires se multiplient en France. En cette fin février, trois édiles ont été victimes de ces menaces. Tous trois ont porté plainte.

“On va venir te chercher”. Après avoir publiquement soutenu son homologue du Mesnil-Esnard (Seine-Maritime), victime d’intimidation, Laurent Bonnaterre, maire de Caudebec-lès-Elbeufs a été, lui aussi, la cible de menaces de mort sur Twitter, rapporte France 3 Normandie vendredi 24 février. Parce qu’il ne veut pas qu’on “laisse ces propos se banaliser”, l’édile a décidé de porter plainte. Il s’agit de la troisième menace de mort qu’il reçoit depuis le début de son mandat. "Les plateformes Twitter et Facebook ne peuvent pas être des zones de non-droit. On ne peut pas écrire n'importe quoi, parce qu'on est en ligne et qu'on habite loin de sa cible", peste-t-il.

Lundi, c’est Jean-Marc Vennin, le maire du Mesnil-Esnard, qui avait été la cible d’actes malveillants. Il a été enfermé chez lui à l’aide d’un cadenas. L’édile a lui aussi déposé une plainte et un homme a été interpellé. Cette mésaventure n’est pas non plus la première pour Jean-Marc Venin. Il y a quelques mois, l’édile avait déjà été la cible d'insultes "écrites sur des panneaux municipaux".

1 500 agressions d’élus en 2022

Dans la même semaine, un élu de l’Essonne a également reçu des menaces de mort. Le maire de Boussy-Saint-Antoine, Romain Colas, a découvert jeudi 23 février, un tag menaçant sur le sol devant la mairie, rapporte Franceinfo. Il était écrit "SS. Vikings will kill Colas", ce qui signifie "SS. Les Vikings vont tuer Colas". L’élu a immédiatement porté plainte. "Ces comportements à l’égard des élus marquent le mépris de certains pour notre démocratie" a-t-il réagi sur sa page Facebook.

En 2022, les atteintes aux élus municipaux ont augmenté de 15 %. L’Observatoire des agressions mis en place par l’Association des maires de France (AMF) a dénombré 1 500 agressions d’élus liées aux fonctions qu’ils exercent. Parmi les victimes, 50% subissent des outrages, 40% des menaces, et 10% des violences volontaires, dénoncent les chiffres de l’AMF relayés par Le Parisien. Selon la loi, un auteur de menaces de mort risque jusqu'à trois ans d'emprisonnement et à 45 000 euros d'amende.

publié le 25 février à 09h10, Orange avec 6Medias

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