Menacé de mort, le maire de Trappes placé sous protection policière

Menacé de mort, le maire de Trappes placé sous protection policière
(Photo d'illustration)

, publié le dimanche 14 février 2021 à 09h51

Depuis la polémique autour des propos du professeur de philosophie de Trappes qui se dit victime d'attaques depuis ses propos sur l'islamisme, Ali Rabeh assure être la cible de nombreuses insultes racistes et menaces de mort qui l'ont amené à déposer plainte au commissariat.

La polémique se poursuit à Trappes. Une enquête a été ouverte pour des menaces de mort à l'encontre du maire de cette ville des Yvelines, Ali Rabeh, a indiqué samedi 13 février le parquet de Versailles à l'AFP, confirmant une information de BFMTV.




L'ouverture de cette enquête, qui a été confiée à la police judiciaire des Yvelines, est consécutive à un signalement sur la plateforme Pharos, où l'on peut communiquer des contenus illicites en ligne. L'internaute dénonçait un message posté sur le forum jeuxvideos.com, dans lequel un usager menaçait de mort l'édile de façon explicite.

Le maire Génération.s de Trappes a confirmé auprès de l'AFPbénéficier dorénavant d'une protection policière.

Il bénéficiait déjà d'une surveillance depuis une semaine.

Depuis la polémique autour des propos de Didier Lemaire, le professeur de philosophie de Trappes qui se dit victime d'attaques depuis ses propos sur l'islamisme, Ali Rabeh explique être la cible de nombreuses insultes racistes et menaces de mort qui l'ont amené à déposer plainte au commissariat.

Une semaine de polémiques à Trappes

Après avoir publié en novembre dernier et l'assassinat de Samuel Paty Didier une lettre ouverte dans L'Obs pour dénoncer "la progression d'une emprise communautaire toujours plus forte" à Trappes et, plus généralement, "l'absence de stratégie de l'Etat pour vaincre l'islamisme, Didier Le Maire a réapparu cette semaine sur tous les plateaux de télé. 

Alors que les députés débattent du projet de loi sur les séparatismes, le professeur de philosophie, en poste depuis 20 ans au lycée de la Plaine-de-Neauphle, affirme être depuis la publication de cette lettre la cible "de propos haineux" et d'"attaques". Dans ce contexte, il bénéficie d'une protection des services de police des Yvelines. Depuis jeudi, il bénéficie d'une "protection rapprochée" assurée par le Service de la protection (SDLP), proposée par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Parallèlement, Ali Rabeh dénonce ses "mensonges" et "contre-vérités", estimant que ce dernier n'a "jamais fait l'objet d'une menace sérieuse". Le ton monte encore lorsque cet ancien du PS qui a rejoint le mouvement Génération.s de Benoît Hamon distribue jeudi une lettre devant le lycée pour mettre en cause les propos du professeur et apporter son "soutien" aux élèves "heurtés, blessés par la violence" de la polémique.

Le ministre de l'Education s'en offusque et accuse Ali Rabeh d'"intrusion" dans le lycée. Selon une source proche du dossier, Jean-Michel Blanquer envisage un temps de porter plainte contre l'élu, avant de se raviser.  Le numéro 2 du Rassemblement national Jordan Bardella se rend le vendredi à Trappes. "Il y a dans notre pays de plus en plus de petites républiques islamistes", y lâche-t-il, "nos élus ferment les yeux". La présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse (ex-LR) dénonce de son côté "l'intrusion" du maire dans le lycée et exige sa "révocation". Ali Rabeh l'accuse en retour "d'instrumentaliser cette affaire à des fins politiciennes, en soutien à son premier vice-président et poulain Othman Nasrou".

Benoît Hamon prend alors samedi la défense d'Ali Rabeh, "un maire victime d'un racisme massif et abject, plusieurs fois menacé de mort. Valérie Pécresse ne demande pas sa protection mais sa révocation. Ali Rabeh doit être protégé", estime-t-il sur Twitter. 

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