Mediator/Servier : Philippe Douste-Blazy visé dans un nouveau volet de l'affaire

Mediator/Servier : Philippe Douste-Blazy visé dans un nouveau volet de l'affaire

L'ancien ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, le 23 mai 2016 à Genève.

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Orange avec AFP, publié le dimanche 10 septembre 2017 à 13h50

Une nouvelle procédure pourrait marquer l'affaire dite du Mediator, cet anti-diabétique - commercialisé entre 1976 et 2009 - tenu pour responsable de centaines de morts en France. Selon les informations du Journal du Dimanche (JDD), l'ancien ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy est l'un des politiques visé par une information judiciaire ouverte sur les relations entretenues par Jacques Servier, ex-patron des laboratoires pharmaceutiques du même nom, avec le monde politique et syndical.

Dans le volet principal de ce scandale sanitaire, les laboratoires Servier et l'Agence du médicament (ANSM) ont été renvoyés fin août devant le tribunal correctionnel de Paris pour "tromperie aggravée, escroquerie, blessures et homicides involontaires et trafic d'influence".

Cela après six années d'une âpre bataille judiciaire. Au total, 11 personnes morales et 14 personnes physiques seront jugées. Mais le parquet de Paris ne s'en est pas arrêté là : une autre information judiciaire contre X a été ouverte "dans la plus grande discrétion en février 2014", écrit le JDD dans son édition du 10 septembre.


Lors d'une perquisition en février 2011, les magistrats ont mis la main sur la correspondance et les dossiers personnels du fondateur du groupe pharmaceutique, Jacques Servier, décédé en 2014. "Les versements au profit d'associations et de diverses sociétés situées à Cahors et à Lourdes pouvant être liées à Bernard Charles et à Philippe Douste-Blazy sont susceptibles de constituer des infractions pénales et notamment les délits d'abus de biens sociaux et de recels de biens sociaux pouvant conduire à la saisine de la Cour de justice", ont écrit au parquet les trois juges en charge du dossier Mediator, Pascal Gand, Claire Thépaut et Sylvie Lefaix.

PHILIPPE DOUSTE-BLAZY RÉFUTE "QUELCONQUE MONNAYAGE"

Des courriers entre Bernard Charles, président d'honneur du Parti radical et ancien député-maire de Cahors (Lot), ont été retrouvés. D'autres font apparaître des échanges avec le cardiologue et ancien ministre de la Santé (1993-1995, 2004-2005) Philippe Douste-Blazy : "Les demandes de subvention que ces deux élus formulaient pour un institut de formation, un club de football, l'embauche d'une visiteuse médicale, un forum ou encore une association étaient systématiquement transmises à Jacques Servier et recevaient généralement une réponse favorable", écrit le JDD.

Une note des services comptables de Servier, datée d'août 1992, parle d'"excellentes" relations entre l'ancien ministre d'Édouard Balladur et Jacques Chirac et le groupe. Elle rappelle également que "Servier Medical" avait offert en 1985 à l'ancien médecin "un voyage en Martinique pour participer à un congrès de cardiologie". Des honoraires lui auraient également été versés en 1986 pour la rédaction d'articles. Philippe Douste-Blazy aurait également sollicité en février 1993 une subvention de 72.000 francs (15.000 euros) pour une étude de l'Inserm de Toulouse, également versée par Jacques Servier.

Ce dernier tenait des fiches sur chaque parlementaires ou grands patrons reçus dans son hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). "Particulièrement méthodique", l'ancien patron avait demandé à ses services le montant total des "subventions déjà allouées à Philippe Douste-Blazy", révèle le JDD. Réponse ? Alors maire de Lourdes (Hautes-Pyrénées) et député européen, Philippe Douste-Blazy avait "déjà touché" 190.000 francs pour un Forum européen de la santé en 1992 et 40.000 francs pour sa campagne législative en 1993. Et d'autres versement auraient suivis selon d'autres notes.

"Je n'ai pas été convoqué par la justice et n'ai jamais été informé officiellement de cette ouverture d'information judiciaire", a répondu au JDD Philippe Douste-Blazy. "Nous parlons d'une époque où les entreprises avaient le droit de financer les campagnes politiques et elles ne s'en privaient pas", poursuit-il. "Je n'ai jamais fait quoi que ce soit qui aurait pu se rapprocher d'un quelconque monnayage".

Selon l'hebdomadaire, les trois juges ont également transmis des documents relatifs aux subventions accordées par la firme à des militants de Force Ouvrière. D'autres personnalités politiques sont également concernées, comme l'ex-député RPR Michel Hannoun, l'ancien ministre des Affaires étrangères, Jean-Bernard Raimont ou l'ex-député socialiste Henri Nallet. Cet ancien ministre de François Mitterrand aurait notamment perçu 3,5 millions d'euros, en tant que salarié puis consultant du groupe pharmaceutique. Il était chargé des "hautes relations".
 
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