Meaux, Colombes, Gagny : 3 enseignantes agressées en 15 jours

Meaux, Colombes, Gagny : 3 enseignantes agressées en 15 jours

Plusieurs enseignantes ont été agressées physiquement par des élèves ces derniers jours (photo d'illustration).

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Orange avec AFP, publié le jeudi 19 octobre 2017 à 20h38

Les agressions de professeurs s'enchaînent ces derniers jours en France. Mercredi, c'est une enseignante d'arts plastiques qui a été "saisie au cou" par un ancien élève du collège Beaumarchais de Meaux (Seine-et-Marne).

La veille, une prof de 1ère technologie avait été "violemment bousculée" puis "plaquée au mur" au lycée Guy de Maupassant de Colombes (Hauts-de-Seine). La semaine dernière, enfin, c'est un élève du lycée professionnel Jean-Baptiste Clément à Gagny (Seine-Saint-Denis) qui avait été interpellé pour avoir "giflé" une enseignante, tandis que l'un de ses camarades diffusait la scène sur les réseaux sociaux.

► COLLÈGE BEAUMARCHAIS DE MEAUX

Selon les premiers éléments de l'enquête communiqué par la police, l'enseignante d'arts plastiques a été "saisie au cou", alors qu'elle était seule dans sa salle de classe. "Elle s'est débattue, a crié" et son agresseur a pris la fuite avant d'être interpellé et placé en garde à vue.

Les motivations de cet ancien élève âgé de 16 ans, désormais lycéen dans un autre établissement, restent obscures. Il devait être présenté vendredi à un juge des enfants. La professeure "va physiquement bien mais est choquée", a déclaré une source proche du dossier. Ses collègues ont refusé de reprendre les cours jeudi.

► LYCÉE GUY MAUPASSANT DE COLOMBES

Plus aucun cours ne se tient depuis mercredi au lycée Guy de Maupassant de Colombes (Hauts-de-Seine) : les professeurs ont décidé d'exercer leur droit de retrait après l'agression d'une enseignante par un élève en plein cours mardi. L'enseignante qui tentait d'empêcher un élève de 1re technologique de quitter sa classe a été "violemment bousculée" puis "plaquée au mur", a raconté à l'AFP Pierre-Alexandre Fournié, professeur de mathématiques dans l'établissement.

Le cours a été interrompu et une intervention du proviseur adjoint et des conseillers d'éducation a été nécessaire pour ramener le calme. "Cet événement s'inscrit dans un contexte de dégradation continuelle des conditions de travail depuis deux ou trois ans", a expliqué Pierre Alexandre Fournié. L'an dernier, les enseignants avaient déjà usé de leur droit de retrait après une bagarre qui avait dégénéré devant le lycée et au cours de laquelle un surveillant, qui tentait de s'interposer, avait eu deux doigts cassés.

"Nous demandons un dédoublement de la classe STMG (Sciences et technologies du management et de la gestion, NDLR) où l'agression a eu lieu, un proviseur adjoint supplémentaire et un CPE en plus" dans un lycée qui en compte déjà trois, a détaillé M. Fournié. Les professeurs attendent une réponse de l'inspection académique avant de reprendre les cours. Le lycée Guy de Maupassant, classé en zone d'éducation prioritaire, compte 1.400 élèves.

► LYCÉE JEAN-BAPTISTE CLÉMENT À GAGNY

Deux élèves du lycée professionnel Jean-Baptiste Clément à Gagny (Seine-Saint-Denis) ont été interpellés le vendredi 13 octobre. L'un, âgé de 16 ans, est suspecté d'avoir giflé une enseignante, le 4 octobre, pendant que l'autre (18 ans) filmait la scène pour la diffuser sur les réseaux sociaux.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'élève s'en est pris à l'enseignante au motif qu'elle avait confisqué et fait tomber son téléphone portable. "Tout a été fait pour que la vidéo soit retirée", a assuré le rectorat. Le mineur a été convoqué le 30 novembre devant le juge des enfants, et le majeur le 6 février 2018 devant le tribunal correctionnel, a précisé la source proche. Ils ont tous deux été exclus de l'établissement temporairement, dans l'attente de leur passage en conseil de discipline.

Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, s'était dit "scandalisé" : "J'ai vu tout cela et j'en ai été profondément scandalisé", avait déclaré le ministre sur BFMTV. "Je lui ai parlé au téléphone, c'est une femme très digne et elle a eu la réaction la plus remarquable qui soit". "Quand des faits aussi graves ont lieu il doit y avoir une immense solidarité vis-à-vis des victimes et il doit y avoir de l'intransigeance vis-à-vis de ceux qui sont auteurs de cela", a encore affirmé Jean-Michel Blanquer.

 
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