Mathématiques: 21 mesures pour améliorer le niveau des élèves français

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 Le rapport préconise d'intégrer dès 2018 un volume d'enseignements dédié aux disciplines fondamentales, dont les mathématiques, à la formation initiale des instituteurs (photo d'illustration)

Le rapport préconise d'intégrer dès 2018 un volume d'enseignements dédié aux disciplines fondamentales, dont les mathématiques, à la formation initiale des instituteurs (photo d'illustration)

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© AFP, Yann COATSALIOU

AFP, publié le lundi 12 février 2018 à 15h22

Pour améliorer le niveau en mathématiques des élèves français, qualifié de "catastrophique", un rapport propose de renforcer la formation des instituteurs, de manipuler des objets dès le plus jeune âge ou encore d'expérimenter des méthodes qui ont fait leur preuve à l'étranger.

Ce rapport, publié lundi, fait suite à une mission confiée cet automne par le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer au mathématicien Cédric Villani, qui est aussi député La République en Marche, et à Charles Torossian, inspecteur général de l'Education nationale.

Le document liste 21 mesures pour améliorer le niveau en mathématiques des élèves français et faire aimer cette discipline, qui "occupe en effet une place à part dans les parcours scolaires".

"Les 21 mesures ont vocation à être suivies d'effet", a commenté lors d'une conférence de presse Jean-Michel Blanquer, plaidant pour "davantage d'ambition pour les mathématiques, pour tous les élèves français".

Cette discipline mal-aimée est en effet devenue la matière reine pour accéder aux meilleures écoles et "son poids symbolique dépasse largement son poids réel". Le rapport note que cette "domination" exerce "un sentiment d'autodépréciation très répandu, chez les élèves comme chez les adultes" et que dès 7 ans, "des élèves se déclarent déjà +nuls en maths+".

Après avoir auditionné quelques centaines de personnes pendant trois mois et reçu plus de 1.000 contributions, "on s'est rendu compte que la situation était encore plus grave que ce qu'on imaginait", a déclaré Cédric Villani. "Il convient d'y remédier au plus vite".

Dans leur rapport, les deux auteurs ne proposent pas de "recette miracle" mais préconisent un ensemble de mesures, en insistant notamment sur l'amélioration de la formation des enseignants. 

Peu de professeurs des écoles se sentent en effet à l'aise avec les mathématiques, beaucoup d'entre eux étant issus de filières littéraires.

- Jeux et concours -

Le rapport préconise d'intégrer dès 2018 un volume d'enseignements dédié aux disciplines fondamentales, dont les mathématiques, à la formation initiale des instituteurs.

Il s'agit aussi de développer la formation continue en nommant des "référents mathématiques" dans chaque collège ou lycée, pour favoriser le travail en équipe.

Le rapport suggère également de proposer à toutes les écoles un équipement de base, accompagné de tutoriels, qui favorise la manipulation d'objets réels ou virtuels. Il faudrait aussi développer les automatismes de calculs à tous les âges "par des pratiques rituelles" ("calcul mental et intelligent", répétitions...) et "cultiver le sens des quatre opérations dès le CP".

"Les maths, ce ne sont pas uniquement des formules compliquées mais aussi des choses très simples qu'on peut faire avec des enfants de 6 ans", a plaidé Charles Torossian.

Les auteurs du rapport conseillent de lancer dès l'an prochain des évaluations de méthodes ayant fait leur preuve à l'étranger comme celle, fréquemment citée, de Singapour. 

"Dans les méthodes comme celles de Singapour, on commence par de la manipulation et de l'expérimentation, on continue en nommant les choses et ensuite on est prêt à passer à l'abstraction", a expliqué M. Villani. S'il n'y a pas d'enseignants suffisamment formés, elle ne peut fonctionner, a-t-il toutefois insisté.

Autre idée: encourager des activités qui renforceront le goût pour les maths, comme des jeux ou des concours, sur le temps périscolaire par exemple.

Les programmes du lycée, qui seront revus dans les mois qui viennent, devraient intégrer une partie de ces recommandations.

"D'autres graines, à semer, produiront leurs effets sur le moyen et long terme", a promis Jean-Michel Blanquer.

Reste la question de l'attractivité du métier de professeur de maths, qui subit actuellement une crise des vocations.

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155 commentaires - Mathématiques: 21 mesures pour améliorer le niveau des élèves français
  • D'abord, l'allure d'un scientifique n'a rien à voir avec ses compétences; si C. Villani abandonnait son style digne du règne de Louis-Philippe pour un "look para", il ne serait pas plus performant. Je signale aussi qu'il semble sortir de chez le barbier quand on le compare à feu le chimiste Mendeleïev.
    La vraie question que l'on peut se poser à son propos est la suivante : cet homme exceptionnellement brillant et issu d'un milieu non scientifique mais cultivé est-il le mieux placé pour diriger une enquête sur l'enseignement actuel ? Prétendre apporter une réponse en fonction de la longueur de ses cheveux ou de l'originalité de ses broches est absurde et puisqu'il présentera le rapport, le mieux est d'examiner les propositions sans parti-pris.

    Pour l’École Primaire (maternelle et élémentaire), la méthode de Singapour est présentée comme une panacée. Or, ladite méthode est très proche de ce qui est pratiqué dans la plupart des classes françaises, avec découverte, manipulation et débat avant de passer à une "institutionnalisation" des connaissances. L'écart d'efficacité entre la France et Singapour vient d'abord de la différence entre les deux sociétés : par sa population, Singapour est une ville d'Extrême-Orient où la société pèse sur les individus, à commencer par les enfants, vus comme futurs adultes (nécessairement productifs) plus que comme personnes en devenir; en d'autres termes, ils ont comme droit fondamental celui de se taire, d'écouter, de suivre et faire ce que dit le maître. Les efforts de présentation, même s'ils sont bien réels, ne constituent pas l'explication fondamentale du succès observé. Ainsi, l'approche simultanée de l'addition et de la soustraction est la norme dans nos CP depuis plus de vingt ans et l'usage des astucieuses étiquettes de Mme Montessori est fréquent.
    En France, on améliorerait quelque peu l'apprentissage des Mathématiques à l’École en revenant sur quelques choix malheureux. Par exemple, la priorité donnée dans les programmes de Maternelle à l'aspect ordinal des petits nombres retarde le moment où les enfants comprennent que le dernier mot de la comptine ("Un, deux, trois, quatre...") qu'ils prononcent donne le nombre d'objets qu'ils ont pointés un à un. Le caractère cardinal est compréhensible dès trois ans, il donne un sens à chaque mot et justifie l'ordre : en dépliant le pouce et l'index, je montre moins de doigts que si j'ajoute le médius, donc 3 est après 2.
    Autre exemple : de nombreux enseignants de CE2 au CM2 persistent à faire décortiquer des énoncés "tordus" au nom de la compréhension des textes, alors que les travaux de C. Houdement remontant à 20 ans ont prouvé que cela ne servait pas à grand chose. Des énoncés simples, bien découpés, permettent de se concentrer sur l'aspect mathématique et de réduire l'impact de difficultés modérées en lecture sur un autre apprentissage.
    Globalement, les enseignants du Primaire ont une faible culture mathématique. Cela s'explique par la rareté des diplômés en Sciences (malgré le fort effectif de bacheliers S), les rémunérations jugées insuffisantes (voire ridicules si le cursus suivi ne manque pas de débouchés) des professeurs débutants, mais aussi par les exigences bien supérieures en français à la fois pour le concours et dans la pratique professionnelle; les enseignants de CP qui apprennent efficacement à lire ont souvent une formation, parfois comme autodidactes, en phonologie. Or, si la connaissance d'un peu plus que le contenu à transmettre suffit dans une pédagogie directive (les enfants ne sont pas censés s'écarter de la voie fixée par le maître), il en faut beaucoup plus dans une démarche constructiviste. Par exemple, si on laisse les élèves faire des essais pour "inventer" une méthode de soustraction, il faut connaître à peu près toutes celles qui peuvent "marcher" et qui sont plus naturelles que notre technique par compensation : arabe, américaine, russe, par sauts...

    Enfin, si les jeux sont incontournables en maternelle, ils ne permettent pas de tout découvrir ensuite et introduisent même parfois des difficultés qui écartent les enfants du contenu mathématique. De toute façon, pour se limiter au Collège et au Lycée, il y a peu de possibilités d'apprendre le théorème de Thalès ou les règles de dérivation usuelles lors d'un jeu.

    Voilà un beau discours de pédagogiste ! Je crois entendre encore les conseillers pédagogiques de circonscription que j'ai pu fréquenter et combattre avec succés au cours de ma carrière. Ce qui me navre c'est que je sais que ce seront ces mêmes nullards qui n'ont rien compris à la Méthode de Singapour qui (dé)formeront nos futurs collègues et qui bloqueront tout progrès. Nous en avons eu la preuve quand en 2008, les néo pédagos nous affirmaient qu'il ne fallait surtout rien changer et continuer à appliquer les programmes de 2002 et ont ainsi saboté la réforme des programmes 2008. Une seule solution créer des écoles privées hors contrat afin de montrer aux Français les méthodes qui fonctionnent vraiment. On ne pourra pas faire évoluer l'école en France sans avoir fait le ménage avec tous ceux qui se sont appliqués à la détruire.

    Si je comprends le français (et je pense que c'est le cas), lorsque loubine1 écrit "On ne pourra pas faire évoluer l'école en France sans avoir fait le ménage AVEC tous ceux qui se sont appliqués à la détruire.", cela signifie qu'il (ou elle) veut collaborer avec ceux qui ont cherché à détruire l’École (avec une initiale majuscule car c'est l'institution et non un bâtiment) afin d'en éliminer les personnels incompétents, peut-être ceux et celles qui commentent un texte sans le comprendre.
    N'est-ce pas un peu risqué ?

  • voir le niveau du gouvernement !!! ils ont un poste que par "copinage" ......
    On voit ce qu en devenue la F "" en Faillite """ Mais pas pour Eux leurs portes monnaie enflent !!
    on a besoin que de la base dans la vie !!! Voir le certificat d études ....meme avec le BAC ils n arrivent pas a ce niveau !!

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    robertjohnson  (privé) -

    Cela n'a aucun rapport !

  • Pourtant "le tableau des proportionnalités" est plus ludique que ""la règle de trois". Pas besoin de réfléchir, ou très peu, et l'on fait son produit en croix. Le bon résultat est là sans qu'on y ait compris quelque chose .....

  • Nos enfants pourront apprendre les mathématiques quand la semaine scolaire sera de 5 fois 6 heures comme à mon époque, sans calculatrice pour effectuer 4 fois 10. Au niveau du lycée, je recommande un excellent ouvrage en 6 tomes : cours élémentaire de mathématique supérieures édité par Dunod. ainsi que la mathématique des jeux de Maurice Kraitchik (publicité gratuite)

  • J'ai entendu que les adultes "bons en maths" se destinaient à autre chose qu'à l'enseignement. Revoyez la formation, faites ce que vous voulez : un bon en maths sera toujours mieux payé ailleurs que dans l'enseignement.

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