"Masques pédo-sataniques" : une médecin du Bas-Rhin radiée de l'ordre

"Masques pédo-sataniques" : une médecin du Bas-Rhin radiée de l'ordre
(illustration)

, publié le vendredi 19 mars 2021 à 11h11

Avant même la pandémie, elle avait été épinglée pour des traitements s'apparentant à du "charlatanisme".

Elle avait provoqué l'indignation en qualifiant le port du masque de "rituel des pédo-sataniques". La médecin généraliste du Bas-Rhin, Ève Engerer a été radiée de l'Ordre des médecins pour avoir rédigé de faux certificats de contre-indication au port du masque ainsi que pour ses "pratiques alternatives" antérieures à la crise sanitaire, ayant mis en danger ses patients.

"Eu égard à la gravité de l'ensemble du comportement du Dr Engerer, il y a lieu de prononcer à son encontre la radiation du tableau de l'Ordre", conclut la décision de la chambre disciplinaire de première instance de l'Ordre des médecins de la région Grand Est, rendue publique par affichage mi-janvier et transmise jeudi à l'AFP.

"Le Dr Engerer n'ayant pas fait appel, cette décision est définitive", a précisé le Conseil national de l'Ordre des médecins. Ève Engerer était visée depuis novembre par une plainte de l'Ordre des médecins du département du Bas-Rhin. Le même mois, la directrice générale de l'Agence régionale de santé Grand-Est avait suspendu pour cinq mois son droit d'exercice de la médecine, comme elle en a le droit "en cas d'urgence, lorsque la poursuite de son exercice par un médecin (...) expose ses patients à un danger grave".


Depuis le début de la pandémie de Covid-19, elle a notamment affirmé que le port du masque était un moyen de manipulation de la population, "un rituel des pédo-sataniques", une théorie prisée du mouvement complotiste Qanon. Elle a également fait la promotion sur les réseaux sociaux et délivré à plusieurs personnes des certificats médicaux pré-rédigés et revêtus de sa signature pour bénéficier d'une contre-indication médicale au port du masque, obligatoire depuis plusieurs mois dans de nombreux lieux pour lutter contre la propagation du coronavirus.

L'ARS Grand Est ajoute qu'en septembre, elle a examiné sans masque deux résidents d'un Ehpad où le port de cet équipement de protection était pourtant en vigueur, mettant ainsi en danger ces patients à risque de développer une forme grave de Covid.

Avant même la crise sanitaire, la chambre disciplinaire reproche à la médecin d'avoir eu des pratiques contrevenant aux interdictions "de faire courir au patient un risque injustifié" et de proposer un traitement "illusoire ou insuffisamment éprouvé", et s'apparentant à du "charlatanisme". Par exemple, selon un témoignage, elle a, "en 2019, exclusivement cherché à apaiser la patiente en l'invitant à s'interroger sur l'amour qu'elle se portait, à l'amour que son mari lui portait, alors que cette dernière souffrait d'une pathologie relevant des urgences gynécologiques."

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