Masques "Made in France" fabriqués en Chine : une enquête est ouverte

Masques "Made in France" fabriqués en Chine : une enquête est ouverte©Panoramic (image d'illustration)

, publié le jeudi 08 avril 2021 à 14h10

Une enquête a été ouverte après que des salariés ont révélé qu'une usine de Châteauroux importait des masques fabriqués en Chine, mais les revendait en les faisant passer pour des produits français, rapporte BFM TV.

Le manège de l'usine Coveix, basée à Châteauroux dans l'Indre, aurait duré six mois, d'après certains de ses salariés. Ils sont une dizaine à avoir affirmé que leur entreprise importait des masques sanitaires réalisés en Chine avant de les revendre dans des boîtes portant la mention "Made in France". Ces révélations ont débouché sur une visite de la répression des fraudes et l'ouverture d'une enquête pour "tromperie et pratique commerciale trompeuse" et "commerce et escroquerie aggravée au préjudice de l'État", précise BFM TV.



Les masques "arrivaient dans des cartons, on les déballait et, après, on les prenait et on les mettait dans des boîtes made in France", a expliqué un ex-employé de Coveix aux caméras de TF1. Charge aux salariés de les transférer dans de nouvelles boîtes, sans réaliser le moindre contrôle de qualité, selon les témoignages.

Les salariés ont saisi les prud'hommes

Ne sachant pas si les protections importées étaient conformes aux normes françaises, les salariés assurent avoir fait part de leurs craintes à leur patron à plusieurs reprises. Ils lui ont également fait remonter des problèmes de qualité, mis au jour par des clients, précise France Bleu. "À chaque fois qu'on lui disait quelque chose, il nous rabaissait, il nous disait 'c'est moi qui commande, c'est moi le patron'", rapporte une ancienne salariée, sur LCI.

Les salariés ont également fait remonter un manque d'hygiène et des soucis dans la conception de "masques blancs" réalisés sur place. Le site, ouvert en septembre 2020, est fermé depuis le 25 mars dernier. La répression des fraudes a posé des scellés sur toutes les portes, souligne LCI. Après l'arrêt de la production, les employés ont décidé de mener en justice une action de groupe. Ils ont saisi les prud'hommes pour le non-versement des salaires.

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