Marseille : les éboueurs font grève pour défendre leur temps de travail

Marseille : les éboueurs font grève pour défendre leur temps de travail
Marseille, le 28 septembre 2021.

publié le mardi 28 septembre 2021 à 13h45

Pour se conformer à la loi qui entrera en vigueur en janvier 2022, la Métropole d'Aix-Marseille veut imposer aux éboueurs marseillais de travailler à 5h42 par jour sur six jours, soit 1.530 heures par an, contre 3h à 3h30 actuellement. 

Depuis plusieurs jours, les poubelles débordent à Marseille. Les syndicats ont en effet entamé depuis la semaine dernière une nouvelle grève dans le cadre d'un bras de fer autour de leur temps de travail et des 35 heures avec la métropole d'Aix-Marseille-Provence. 


La loi de transformation de la fonction publique de 2019 impose un retour aux 35 heures au 1er janvier 2022 pour tous les fonctionnaires, tout en ouvrant la possibilité de négocier des aménagements pour tenir compte de la pénibilité.

Actuellement, les éboueurs de la métropole feraient en moyenne entre 3 heures et 3 heures 30 par jour sur six jours, selon un rapport de la Chambre régional des comptes à paraître cité lundi 27 septembre par Roland Mouren, vice-président de la Métropole délégué à la propreté et aux déchets, lors d'un point presse. Pour se conformer à la loi, la Métropole d'Aix-Marseille veut leur imposer de passer à 5h42 par jour sur six jours, soit 1.530 heures par an. Autrement dit une baisse de 5% du temps de travail imposé par la loi.

"Pour nous, 20% de baisse du temps de travail est un minimum non négociable", a toutefois expliqué lundi 27 septembre à l'AFP Éric Robito, responsable CGT à la métropole, qui a appelé à la grève dès jeudi soir. Ce qui ferait 1.286 heures par an, contre 1.607 heures pour 35 heures. "Notre marge de manoeuvre est extrêmement restreinte par rapport à la réglementation", s'est défendu Roland Mouren, pour qui l'État doit fixer des règles claires aux collectivités : "C'est un problème national, pas marseillais".

Prendre en compte la spécificité de Marseille

Le syndicat majoritaire Force Ouvrière a rejoint le mouvement lundi soir, à l'issue d'un premier rendez-vous avec la métropole. Le syndicat a en effet déploré qu'aucune de ses revendications n'avaient été entendues. Elles portent "sur une baisse supplémentaire du temps de travail (quotidien), afin de réduire la perte de jours, une revalorisation globale du régime indemnitaire et des recrutements", en particulier de chauffeurs. "

"Je pose la question, à toute la population qui légitimement puisse s'inquiéter, même s'énerver de cette grève, est-ce qu'ils accepteraient de travailler 28 jours de plus sans un euro de plus? (...) La grève était inévitable et tout le monde le sait", a expliqué mardi auprès de BFMTV Patrick Rué, secrétaire général FO des agents territoriaux de Marseille, qui appelle  à prendre en compte la spécificité de Marseille qui rend plus difficile le travail des éboueurs.

"La dangerosité, la pénibilité qu'il y a à Marseille, pour le même travail, vous ne retrouvez pas la même difficulté à Annecy ou bien à Evian. Marseille est quand même une ville spéciale chacun le sait, avec une saleté importante dans les rues", a expliqué le secrétaire général de FO. 

Alors que les négociations risquent de se prolonger, faisant craindre le risque d'une grève de longue durée, Roland Mouren s'est voulu optimiste : "On craint toujours que cela dure, mais je pense que la raison va l'emporter".

Dans une ville où les images de poubelles qui débordent ont souvent terni sa réputation, la question du temps de travail des éboueurs est un serpent de mer. Et si certains assurent que la règle du "fini-parti" appartient au passé, il reste difficile de savoir combien d'heures travaillent exactement les agents en charge de la collecte des déchets, gérée dans les deux-tiers de Marseille par des agents publics, le reste étant en délégation à des entreprises privées.

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