Marseille : le maire dénonce la circulation des armes, Gérald Darmanin parle de "faillite" collective

Marseille : le maire dénonce la circulation des armes, Gérald Darmanin parle de "faillite" collective
Une Ak-47 Kalachnikov saisie par la police à Marseille en 2013.

publié le jeudi 19 août 2021 à 17h50

Benoît Payan réagissait à la nouvelle fusillade qui a causé la mort d'un adolescent de 14 ans à proximité d'un point de deal. Le ministre de l'Intérieur a répondu, estimant que le drame est une faillite collective.

Cette fois c'en est trop pour le maire de Marseille, qui a réagi, jeudi 19 août, au micro de France info au lendemain de la fusillade qui causé la mort d'un adolescent de 14 ans à proximité d'un point de deal.

En cause, selon l'édile, la trop facile circulation des armes à feu dans sa ville. "À Marseille, on peut acheter une kalachnikov comme on achète un pain au chocolat. (...) Si les gens se tuent à coups de kalachnikov, c'est parce que les kalachnikov sont en vente quasiment libre dans cette ville."


La kalachnikov est un fusil d'assaut de conception soviétique, très répandu dans les armées de l'ex bloc de l'est. Mais son coût relativement faible et sa fiabilité l'ont propulsé en tête des trafics d'armes, au point d'être répandu chez les narcotrafiquants. L'ampleur de la circulation des armes dans la cité phocéenne dépasse le simple cadre communal à entendre Benoît Payan. "Ça doit s'arrêter, c'est à mon avis un des objectifs que doit poursuivre le ministère de l'Intérieur et je sais que le ministre de l'Intérieur y est sensible."

Pour l'édile, il est urgent de "démanteler les réseaux, lutter contre la criminalité, faire cesser le trafic d'armes et le trafic de drogue." Une mission "à dimension d'Etat", qui gangrène de nombreuses villes françaises. Les règlements de compte entre bandes rivales à Marseille ont causé onze morts depuis le 1er janvier 2021, selon décompte officiel de la préfecture de police.

Interrogé un peu plus tard dans la journée sur BFMTV, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a confirmé la version de l'édile. "L'enquête judiciaire le dira, mais tout montre qu'il s'agit de règlements de comptes liés au trafic de drogue. (...) Ces règlements de comptes touchent des quartiers où des gens courageux essaient de vivre." 

Comprenant l'émoi de Benoît Payan, le ministre a estimé que la faillite était collective. "L'Éducation nationale, la sécurité, le fonctionnement d'un État, d'une collectivité, faillent lorsqu'un gamin de 14 ans est tué, lorsqu'un gamin de 14 ans est blessé"

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