Marseille : la famille de l'octogénaire morte après un tir de lacrymogène porte plainte

Marseille : la famille de l'octogénaire morte après un tir de lacrymogène porte plainte
Des Gilets jaunes manifestent à Marseille, le 1er décembre 2018.

Orange avec AFP-Services, publié le lundi 15 avril 2019 à 13h00

Le 2 décembre 2018, Zineb Redouane était décédée à l'hôpital d'un arrêt cardiaque. L'octogénaire avait été touchée au visage par un projectile en fermant les volets de son appartement, alors que de violents incidents éclataient dans sa rue, en marge d'une manifestation des Gilets jaunes. 

La famille de l'octogénaire décédée en décembre à Marseille a porté plainte pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", a annoncé lundi 15 avril sa avocat.

"Le rapport d'autopsie et les éléments médicaux montrent clairement qu'il y a un lien direct entre la grenade reçue au visage par Mme Redouane et son décès, contrairement aux allégations médiatiques du procureur de la République de Marseille", a déclaré à l'AFP l'avocat de la fille de l'octogénaire, Yacine Bouzrou.

Le 2 décembre, Zineb Redouane, 80 ans, décède à l'hôpital "d'un arrêt cardiaque sur la table d'opération". A l'époque, le procureur de Marseille Xavier Tarabeux précise qu'"à ce stade, on ne peut pas établir de lien de cause à effet entre la blessure et le décès". Mme Redouane, de santé fragile, a été frappée au visage par un projectile en fermant les volets de son appartement alors que de violents incidents ont éclaté dans sa rue, le samedi 1er décembre, en marge de manifestations de Gilets jaunes, de la CGT et contre l'habitat insalubre. Des plots de grenade ont été retrouvés chez elle.



Enquête en cours

Le parquet a saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) puis ouvert une information judiciaire "pour recherche des causes de la mort". "L'enquête menée par un juge d'instruction permettra de déterminer l'origine du décès. Les antécédents médicaux vont être analysés", a réagi lundi M. Tarabeux. "A l'issue, en fonction des différents éléments recueillis, cela déterminera l'orientation de la procédure", a poursuivi le procureur, qui souligne que lors de ses précédentes déclarations il avait bien indiqué qu'il s'agissait de premières conclusions, "à ce stade" de l'enquête.


L'avocat, qui met en cause "l'impartialité de la juridiction", a également demandé la délocalisation de l'affaire. "Si elle a été conduite aux urgences et opérée, c'est bien en raison du projectile reçu", a-t-il insisté. "Nous ne comprenons pas pourquoi la personne qui a tiré cette grenade n'a toujours pas été identifiée, quatre mois après c'est scandaleux", a ajouté Me Bouzrou, alors que la vieille femme aurait confié à une voisine qu'un "agent de police l'avait visée".
 

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