Marseille : l'IHU de Didier Raoult ne dispose pas de lits de réanimation pour les patients atteints d'une forme grave du Covid-19

Marseille : l'IHU de Didier Raoult ne dispose pas de lits de réanimation pour les patients atteints d'une forme grave du Covid-19
Un lit de réanimation au CHU Les Abymes, en Guadeloupe, le 9 avril 2020

, publié le mercredi 07 octobre 2020 à 17h30

Le président de la région Provence-Alpes Côte d'Azur (PACA) Renaud Muselier (LR) a étonné ce lundi sur Cnews, en affirmant que l'IHU Méditerranée, hôpital spécialisé dans les maladies infectieuses dirigé par le professeur Raoult, ne disposait pas de lits de réanimation pour les patients atteints du Covid-19. 


Cet établissement est devenu emblématique depuis le début de l'épidémie de Covid-19. L'Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU Méditerranée), dirigé par le controversé Dider Raoult, qui défend le recours à l'hydroxychloroquine comme traitement efficace contre le virus, ne dispose pas de lits de réanimation à destination des patients atteints d'une forme grave du virus.  Alors que ces services de réanimation enregistrent les taux de mortalité liée au Covid-19 les plus élevés, Didier Raoult a communiqué depuis le début de la crise sanitaire sur les excellents résultats de son institut en terme de mortalité dans son service.

Le Figaro a vérifié cette information divulguée lundi 5 octobre par Renaud Muselier, président LR de la région PACA sur le plateau de Cnews. Le quotidien a effectivement constaté que l'IHU Méditerranée ne disposait pas de lits de réanimation.

Cet établissement spécialisé faisant partie intégrante de l'AP-HM, les cas graves de Covid-19 sont transférés en réanimation dans les services appropriés de l'AP-HM. De quoi expliquer le taux très faible de mortalité liée au Covid-19 à l'IHU Méditerranée.

"Tout est fait à l'AP-HM"

"L'IHU ne dispose pas de lits de réanimation, ni de lits de soins critiques. Il n'y a pas non plus de médecins réanimateurs ni de personnel formé à la réanimation", explique le docteur Jean-Marie Forel, médecin intensiviste réanimateur à l'hôpital Nord de l'AP-HM. "Il n'y a pas de scanner et de matériel de radiographie, tout est fait l'AP-HM", ajoute-t-il. 

L'IHU faisant partie intégrante de l'AP-HM, les patients de l'institut d'infectiologie atteints d'une forme grave de Covid-19 sont transférés dans l'un des services de l'AP-HM équipé pour faire de la réanimation. Un anesthésiste explique que des réanimateurs "passent tous les jours à l'AP-HM pour déterminer avec les médecins de l'IHU quel patient doit aller en réanimation". Et si un patient se présente aux urgences dans un état grave, "il ne va pas être hospitalisé à l'IHU, mais directement en réanimation". "Lorsqu'un patient se dégrade à l'IHU, il est transféré à l'AP-HM. Et si cela tourne mal, son décès est comptabilisé à l'AP-HM", ajoute-t-il. 

Ce fonctionnement explique pourquoi le taux de mortalité lié au Covid-19 à l'IHU Méditerranée entre janvier et juin était quatre fois plus faible que dans le reste de l'AP-HM, souligne Le Figaro (0,6% contre 2,4%). Un chiffre encore plus élevé dans les services de réanimation, où le taux de décès liés au Covid-19 oscille entre 16 et 20%. 

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